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RECITS DE MES VOYAGES EN ASIE DEPUIS 2002
22 juillet 2015

ANNEE 2006: THAÏLANDE - VIETNAM - THAÏLANDE

ANNEE 2006

 

 Thaïlande - Vietnam - Thaïlande

 

THAÏLANDE

 

Le Départ

Sept avril, nouveau départ de Nice avec cette année un vol Alitalia à 11 heures 30. Arrivée à Rome à 13 h 40. Départ de Rome après quatre heures d’attente, avec China Airlines. L’avion survole Istamboul, la mer Caspienne à 11300 mètres d’altitude puis je plane sur Kaboul, Bénares, Calcutta et Yangon pour arriver à Bangkok le 8 avril à 16 heures 30.  Me voici à nouveau dans la capitale trépidante de la Thaïlande. Vite ! Un tuk-tuk et direction de la rivière Chao Phraya pour y prendre un long-trail boat et remonter le courant jusqu’au quartier Thewet, loin du vacarme des grandes artères de la ville. C’est parti ! me voici maintenant replongé dans la sérénité des vestiges des cités anciennes et la spiritualité des temples bouddhiques somptueusement décorés. J’ai retrouvé mes amis et mes amies et commence à apprécier leur grande hospitalité. Mais ce ne sera pas pour longtemps car dans cinq jours je m’envolerai pour Hanoï, la capitale du nord Vietnam. Je resterai 28 jours au Vietnam, le temps d’aller rencontrer les nombreuses tribus du nord situées tout près de la frontière sud de la Chine. Je rejoindrai de nouveau Hanoï et irai passer quelques jours dans la baie d’Along et sur l’île de Cat Cat. Tout doucement je m’enfoncerai dans les terres via Haïphong et Ninh Binh puis descendrai à Hue, Danang et Hoï An. Je traverserai ensuite le pays d’est en ouest par la zone démilitarisée pour atteindre Savanakhet au centre du Laos. Enfin, je regagnerai Bangkok pour un bref séjour avant de m’envoler vers le triangle d’or, aux confins des trois frontières (Thaïlande, Birmanie, Laos). En attendant je savoure les meilleurs plats de la cuisine Thaï, et profite des massages bienfaiteurs et de l’atmosphère parfumée des échoppes de trottoirs. Sous 37 °C je vais et je viens dans la capitale dans tous les sens et dans tous les recoins. Je suis toujours envoûté par la douceur de vivre des habitants, leur art de vivre et leur sourire. Je m’en vais du temple de l’aube au temple du Bouddha couché et du temple au Bouddha d’émeraude à la montagne d’or. Je fais des kilomètres sur les canaux pour plonger au plus profond du Bangkok historique, me prélasse au calme dans les grands jardins verdoyants et le soir venu  m’attarde dans la ville moderne truffée de restaurants, de boutiques animées, de boîtes de nuit et de gogo girls bar.

Bangkok s’appelait autrefois “Bang Makok” (lieu des olives). La ville devint capitale du pays en 1782. Aujourd’hui Bangkok s’appelle “Krug Thep” (la cité des anges). C’est ma cinquième visite de Bangkok, une ville que j’affectionne beaucoup tellement elle est passionnante et remplie de contrastes. Elle mêle les vestiges de la culture traditionnelle avec les agréments d’une ville moderne. Ce que j’apprécie à Bangkok c’est que je suis sûr de ne pas m’y ennuyer. Pour me déplacer j’ai maintenant tout compris, je n’ai plus besoin du plan de la ville. Je connais tous les contours et me suis fait de nombreux repères, et si d’aventure je m’égare il y a toujours un thaï pour me remettre sur le bon chemin. Je navigue en bus, en tuk-tuk, en songthaew en bateau et en ski-train. Il fait terriblement chaud aujourd’hui, j’avale des litres de “nam yen” (eau fraîche) et un peu moins de “Singha” (excellente bière locale). Il est facile de communiquer depuis la Thaïlande et j’en profite le soir à Taewez guesthouse, depuis mon computer pour vous faire partager un peu de mon périple. Chose qui sera plus difficile depuis le Vietnam et le Laos. Il est 19 heures (heure locale), 14 h en France. Ici il fait déjà nuit noire et m’en vais dîner au port fluvial de That Chang avant d’aller assister à un spectacle de danses classiques, et puis je finis ma soirée à Kao San Road où l’ambiance bat toujours son plein. Kao San Road est une rue piétonne de 300 mètres où des milliers de noctambules vont et viennent éblouis par les enseignes lumineuses clignotantes et assourdis par un mélange de musiques anglo-saxonnes. La rue est truffée de cabarets, de salons de massages, d’agences de tourisme, de boutiques à souvenirs, de bureaux de change et de restaurants occidentaux et locaux. En Thaïlande la nourriture tient une place de choix, restaurants ou cantines ambulantes proposent des plats aux arômes et parfums très divers. La cuisine Thaï a sa propre originalité influencée par ses voisins, la Chine, l’Inde et la Malaisie, aussi, elle abonde d’ingrédients naturels. En Thaïlande manger est un plaisir “Sanuk” plaisir de partager de la nourriture avec autrui. La gastronomie thaïlandaise repose sur la recherche de l’équilibre parfait entre les aliments. Seuls les aliments frais sont utilisés très peu cuits afin qu’ils restent croquants et qu’ils conservent leur vraie valeur nutritive. Les graisses sont très peu utilisées et toutes les nuances des condiments et des épices allient, la douceur de la noix de coco avec les brûlants curry qui enflamment la bouche et aussi l’estomac. Le riz est au cœur de tous les repas, il joue un rôle central car il répond aux exigences d’une alimentation saine et équilibrée car il ne contient pas de cholestérol. De plus, le riz trouve en Thaïlande des conditions idéales pour son développement. Les pâtes alimentaires sont à la base d’une multitude de préparations. On distingue les vermicelles chinois (à base de farine de germes de soja), les pâtes au riz (à base de farine de riz), les pâtes à l’œuf de cane ou d’oie (à base de farine de blé). Les principaux légumes utilisés sont: les aubergines, les pousses de bambous, les piments, les pleurotes, le pak-chai (chou), le haricot thaï qui mesure un mètre de long, le shitake (champignon), les châtaignes d’eau, le soja, le liseron d’eau et le basilic. Les sauces de base sont le nam plaa (sauce de poisson), la sauce de haricot, la sauce de canard, la sauce de soja, la sauce d’huître, la sauce chili et la sauce hoisin. Pour agrémenter les plats il faut alors jongler avec le galanga, le gingembre, la limette, la coriandre, la noix de coco, le sucre de palme, le tamarin, la ciboulette, la citronnelle la bergamote et le basilic. Toutes les viandes sont présentes en Thaïlande depuis le porc, le bœuf, les volailles et le poisson. S’il n’est pas fraîchement pêché, le poisson est vendu séché. La soupe de poisson “Thom Yam Kung” est un délice à la citronnelle fortement épicée. Dans un mois et demi lorsque je serai de retour du Vietnam je m’inscrirai à un stage de cuisine Thaïlandaise dans la province de Chiang Maï. Je ne manquerai pas de vous délivrer les recettes des principaux plats les plus populaires de Thaïlande, mais en attendant, demain je me rendrais au Wat Pho à l’école de massages........Le “Raksa Thaang Muat” (traitement par massages) est un système complet qui conjugue le pétrissage des muscles, la manipulation du squelette, les pressions des tendons et des ligaments dans le but d’équilibrer les quatre éléments du corps: la terre, parties solides du corps (os, nerfs, muscles, vaisseaux), l’eau, parties liquides du corps (sang, sécrétions), le feu (digestion et métabolisme), l’air (respiration et circulation).  Aujourd’hui les massages purement traditionnels ont laissé place à une manière de se relaxer et même à un but récréatif quand ils constituent un complément à la prostitution. La pharmacopée traditionnelle thaï utilise plus de 700 plantes seules ou en combinaison. Les plus couramment utilisées sont: le “yaa klaang baan” (plante grimpante), utilisée contre l’excès de fièvre, le “raak chaa phluu” (racines de poivrier), utilisé contre les douleurs d’estomac, le “yaa hawn” utilisé contre les douleurs et maux de tête, le “chantha lulaa” utilisé contre les affections respiratoires et la grippe. Le poivre noir et le basilic constituent un anti flatulences. Tous ces remèdes sont en vente partout. D’autres thérapies d’appoint sont basées sur la méditation, la visualisation et l’hypnose. Il s'agit du “raksaa thaang naï” ou guérison interne. Par exemple, avant de faire un long voyage il faut se nouer une cordelette de coton au poignet. Cela a pour but de lier le voyageur à ses 32 “Khwan” (esprits gardiens personnels). Je ne savais pas que je voyageais accompagné ! Les esprits sont avec moi, je peux m’envoler demain pour Hanoï sans le moindre souci.

 

 LE  VIETNAM

Hanoï                                                                                                              

Nous sommes le14 avril, je quitte Taewez guesthouse à 5 heures du matin dans un taxi qui m’emmène à l’aéroport Don Muang pour 240 bahts (5 euros). Il faudra que j’attendre deux heures avant le départ de mon vol pour Hanoï. J'arriverais alors à l’aéroport Noï Baï de Hanoï à 10 heures. Chose faite, Il me faut maintenant regagner le cœur de Hanoï. J’apprends qu’au bout de l’aéroport se trouve le bus jaune N°7 qui m’emmènera au centre de la ville pour 5000 dongs (1/2 euro). Le bus est archi bondé, je suis collé à deux étudiantes vietnamiennes qui parlent un bon anglais. Celles-ci me proposent de me guider jusqu’au “Old Darling café hôtel”. Adresse: so 10 Dao Duy Tu - Hoan Kiem district - Hanoï.

Dien Bien Phu, Piste Ho Chi Minh, Apocalypse Now, Good Morning Vietnam, L’amant, Entre ciel et terre, ces quelques mots évoquent ce pays de culture qui a été ruiné par 30 années de combats pour gagner son indépendance. Le Vietnam a chassé de son sol deux puissantes armées, l’armée française et l’armée américaine. Aujourd’hui il se met doucement en marche bien que le mot démocratie reste encore un rêve. Le pays est splendide, il a la forme d’un dragon dans lequel tout est rizières, bambous et chapeaux coniques. C’est un pays où voyager n’est pas facile compte tenu des infrastructures parfois réduites au minimum. Ce pays revient de loin et maintenant tout change trop vite et trop imprudemment. Il semble vouloir rattraper le temps perdu mais au risque de se perdre à nouveau. 85 millions d’habitants vivent sur 330 000 km2, principalement à Hanoï, Ho Chi Minh et Hué. Les vietnamiens vivent avec 400 euros par an et par habitant, ils sont dirigés par le parti communiste unique représenté par Tran Duc Luong. 3500 kilomètres séparent les hauts reliefs du nord où vivent de nombreuses minorités ethniques, du sud où se jette le Mékong. Le Vietnam est couvert pour 3/4 de collines et de montagnes, avec pour point culminant le Fan Si Pan à 3143 mètres d’altitude. A l’est se déroulent 3200 kilomètres de côtes. Cinq sites du pays sont classés patrimoine de l’Unesco: la baie d’Along, la cité impériale de Hué, la vieille ville de Hanoï, le sanctuaire de My Son et le parc national de Nha Bang. C’est à bras ouverts que les vietnamiens accueillent les visiteurs. Arrivé à Hanoï, au cœur de la ville moderne je me rends rapidement compte que les gens ici sont profondément attachés à leur passé et je me trouve plongé 50 ans en arrière. Les motos, les portables, les mini-jupes cohabitent avec les pagodes et la foi religieuse basée sur le culte de l’ancêtre. Pour traverser à pied l’artère principale qui rejoint mon hôtel, ça relève de l’expédition, il faut y aller franchement et sans hésiter car les vélos, les motos, les cyclo-pousses et les rares voitures ont appris à éviter les piétons. On ne s’entend plus ! Le bruit est permanent, ça klaxonne à tout va, les téléviseurs et les radios portables sont au maximum, dans les rues les coqs chantent les chiens aboient et le soir venu les karaokés démarrent très tôt.

Hanoï est la ville la plus authentique d’Asie, sa physionomie n’a guère évoluée depuis 1954. La ville ancienne est quasiment intacte car le centre a été épargné par les bombardements américains. Hanoï est charmante, bruyante et colorée, pourvu qu’elle ne tombe pas trop vite dans les griffes du progrès. Je suis installé tout près du petit lac de Hoan Kiem dans un quartier que j’aime beaucoup et où l’on peut boire dix bières “Bia Oï” pour un euro. Dès demain je commencerai par la découverte des vieux quartiers et après demain je le consacrerai à la périphérie. « Old Darling Hôtel » n’est pas la meilleure adresse du coin, le confort des chambres est satisfaisant, mais le vacarme, les va-et-vient incessant et le claquement des portières ne permettent pas d’y passer une nuit reposante. Aussi je décide de m’installer vingt mètres plus loin sur le même trottoir à “Namh Durg Guesthouse” pour cinq dollars la nuit. Le moyen de transport le plus pratique et le plus populaire pour se déplacer en ville est le cyclo-pousse. Pour 10 000 dongs (1 euro) je me fais déposer sur les rives du lac Hoan Kiem. Hoan Kiem signifie “épée restituée”. Très tôt ce matin il y a déjà des personnes âgées qui font de la gymnastique ou du footing autour du lac. Au milieu du lac il y a un îlot, “l’île de la tortue”, et tout au nord sur la montagne de jade j’aperçois un admirable petit temple, le temple de Ngoc Son. Pour parvenir sur l’île je franchis un romantique pont de bois tout rouge, “le pont du soleil levant”. Tout près de la première tourelle je croise une tortue géante de deux mètres de diamètre qui pèse 250 kilos. C’est la tortue qui a repêché la fameuse épée du guerrier. Le site est absolument merveilleux. Depuis l’îlot j’observe le rivage planté de superbes flamboyants géants et la repoussante façade du théâtre de marionnettes. A pied, je me dirige dans le fascinant quartier des corporations puis au grand marché. Me voici dans un treillis de ruelles de trois mètres de large. Chacune des rues représente un métier. C’est à l’aide de mon “lonely planet” que je m’organise pour ne rien manquer du coin et je commence la ronde des ruelles: la rue des montres, la rue du poisson grillé, la rue des bannières religieuses, la rue de la chaussure, la rue de la mercerie, la rue du carton, la rue des balances, la rue des stèles funéraires, la rue du sucre, la rue des médicaments, la rue des vermicelles, la rue du chanvre........ A l’extérieur de ce labyrinthe me voici devant d’admirables maisons chinoises, je m’arrête pour prendre un thé avant de rentrer dans le grand marché Don Xuan construit par les français. Ici on trouve de tout: des plantes, des épices, des poissons, des oiseaux, (je ne m’y attarde pas car ça craint la grippe aviaire), des bestioles de tout genre, serpents et geckos utilisés pour la pharmacopée locale traditionnelle. Quel spectacle étonnant et envoûtant ! C’est le quartier du Hanoï éternel et inoubliable. A l’issue de cette journée bien chargée en images insolites je décide d’aller dîner au restaurant “Bat Dan”. Au menu il y a beaucoup de curiosités culinaires: des grenouilles, du serpent, des anguilles. J’opte pour le serpent et n’en suis pas déçu. C’est bien meilleur que les sauterelles et cigales thaïlandaises. Pour terminer ma digestion je m’en vais acheter un billet pour assister au spectacle quotidien de marionnettes sur l’eau, il m’en coutera 40 000 dongs (4 euros). Le spectacle est passionnant et charmant. Toute l’âme de la rizière vietnamienne s’exprime avec des personnages, des animaux, des dieux et des génies. Le spectacle est une succession de sketches mettant en scène la vie quotidienne des paysans. Les acteurs cachés sont de véritables virtuoses qui manient les marionnettes à distance. Il est grand temps de regagner ma nouvelle guesthouse pour y passer une meilleure nuit.

Aujourd’hui avant de m’en aller vers la périphérie je dois me rendre à la gare centrale pour  réserver une place dans le train de nuit qui me conduira demain soir au nord tout près de la frontière chinoise. Chose faite ! C’est parti pour une longue ronde dans Hanoï. Pour aller au nord de la ville j’enfourche un Xe-com (moto-taxi). Je me fais déposer devant la plus ancienne pagode de la ville, la pagode Tran Quoc où je découvre l’histoire du bouddhisme en bandes dessinées, les tombes où reposent les bonzes célèbres et la montagne aux bonsaïs. Quelques minutes plus tard me voilà au temple taoïste de Quan Thanh baigné dans d’épais nuages d’encens. Je suis à deux pas du mausolée de Hô Chi Minh, là où fut proclamée le 2 septembre 1945 l’indépendance du pays. Ici il ne faut plus parler, se démunir de son appareil photos, avancer en silence les bras le long du corps, passer devant la garde d’honneur pour arriver à la dépouille mortelle de l’oncle Hô qui repose dans un cercueil de cristal. C’est très émouvant ! Je me sens plus à l’aise dehors devant l’emblème de la ville, l’adorable pagode au pilier unique dressée au milieu d’un bassin fleuri de pousses de lotus. Je poursuis à pied jusqu’à l’ancien palais du gouverneur de style néo renaissance française et vers les maisons de Hô Chi Minh. Dans l’une d’elles Hô y résida de 1954 à 1958, dans l’autre en bois de teck Hô y mourût en 1969. Elle est superbe ! Bâtie sur pilotis au milieu d’une forêt d’arbres plus que centenaires. Une halte s’impose à la tour hexagonale du drapeau, elle mesure soixante mètres et est érigée au milieu d’une place où trône la statue de Lénine. Pour une poignée de dongs j’avale une “Pho” (une soupe), et descends plus au sud pour aller visiter le temple de la littérature construit en 1070. Il mesure 350 mètres de long sur 70 mètres de large et comprend cinq vastes cours. De porte en porte je parviens au pavillon de la pléiade et au puits de la clarté céleste. Ce temple recevait les enfants des mandarins, on y enseignait pensée et morale confucéenne. Dans la quatrième cour décorée de bonsaïs je me trouve devant le portique des bons résultats entouré de grues et de tortues symbolisant la longévité. L’après-midi a vite passé, avant de regagner ma guesthouse j’assiste en plein air à un concert de musique traditionnelle puis m’en vais dîner au “Bit Têt”. Dans un décor bric-à-brac je commande un bifteck en sauce accompagné de frites. Le restaurant voisin sert du “thit chô”, viande de chien, une spécialité tonkinoise considérée comme fortifiante. Le chien est préparé de différentes façons: en soupe, grillé, en ragoût et en saucisses. Le repas est accompagné d’un verre d’alcool additionné de sang ou de bile, un breuvage sensé donner des forces. Seuls les hommes consomment du chien. Le menu à plat unique coûte trois euros. Ca vaut la peine de tenter l’expérience ! Mais je ne me suis pas laissé tenter. 

Aujourd’hui pas question d’entreprendre une trop grande randonnée en ville, car ce soir je dois être à l’heure pour prendre mon train. Une petite promenade vers l’opéra, un bâtiment construit en 1911 et inspiré du palais Garnier. Il a été entièrement rénové en 1997 par les vietnamiens, les français et les italiens pour accueillir le sommet de la francophonie. Pour redescendre vers mon quartier je fais un détour par le pont Long Bien (ex pont Paul Doumer) construit en 1682 par les français. Ce pont n’est accessible que par les piétons, les deux roues et les trains, il traverse le fleuve Rouge et fut bombardé 175 fois par les américains. En attendant 20 heures, l’heure du départ de mon train de nuit pour Lao Caï, je me rapproche de ma guesthouse pour écrire quelques cartes postales et envoyer des E-mail à mes proches.

Sapa - Nord Vietnam

Mon sac est fin prêt, j’attends à la réception une moto-taxi qui va me conduire à la gare centrale. Pour m’engager sur le quai je dois donner quelques dongs afin d’obtenir le privilège de devenir prioritaire. Chose faite, un “guide” m’accompagne à mon wagon et je prends aussitôt possession de ma couchette. Trois espagnoles voyageront avec moi, elles parlent un peu le français, ainsi le voyage me paraîtra plus court. Les couchettes sont très confortables et j’ai passé une très bonne nuit pour me réveiller à Lao Caï, terminus du train vietnamien. Avec les espagnoles nous nous mettons en quête pour trouver un bus pour Sapa. Lao Caï est ville frontière avec la Chine du sud, la province du Yuman, d’ici il est facile de rentrer en Chine à pied lorsqu’on est en possession du visa. La route qui sépare Lao Caï de Sapa est magnifique. Une heure trente de descente et me voici à Sapa, à 450 kilomètres au nord de Hanoï et à 1650 mètres d’altitude dans un cirque montagneux appelé “pays bleu”. Je m’installe dans cette ancienne petite ville coloniale fondée en 1922 par les français au « Royal Hôtel Sapa » pour 4 dollars la nuit. Adresse: Cau May Str - Sapa - Lao Caï - Vietnam Tél: (84) 20 871 303. E-mail: royal hotel_sapa@yahoo.com. Je vais passer beaucoup de mon temps à vivre dans cette campagne reposante pour y faire de nombreux treks car c’est entre trois et vingt kilomètres de la ville que je rencontrerai les principales minorités ethniques qui vivent ici.  La température est agréable dans la journée mais les soirées sont fraîches. Il n’est pas loin de midi et il me faut aller au marché pour acheter un blouson pour quatre euros. Les ethnies sont sur la grande place près du marché couvert pour vendre leurs produits. Les Hmongs noirs représentent les deux tiers de la population de Sapa, ils sont reconnaissables à leurs bandes molletières qu’ils portent en guise de guêtres et à leurs turbans bleus. Les femmes portent plusieurs boucles d’argent aux oreilles. Quant aux Dzao rouges, ils se promènent avec leurs sacs à pompons rouges, c’est la tradition ici. En âge de se marier (aux alentours de 14 ans) les adolescentes se rendent au marché de nuit des amoureux où les attendent les jeunes garçons coiffés de trois turbans colorés. Ce rituel est indispensable pour la cohésion sociale de ces tribus, il est un facteur déterminent pour la reproduction du groupe afin d’éviter la consanguinité. Les femmes Hmongs sont moins farouches et moins timides que les femmes Dzao. Les Hmongs sont divisés en cinq branches: les blancs, les fleurs, les noirs, les rouges et les verts, en fonction de leurs coutumes et dialectes. Leurs villages comptent une douzaine de familles de même lignée, leurs habitations sont en bois. Les Hmongs se sédentarisent, ils se nourrissent principalement de maïs et de riz, ils cultivent le chanvre le coton, le ginseng, les pêches et les prunes. Les femmes ne possèdent que de très peu de droits et deviennent chefs de famille à la mort de leurs époux. Les femmes accouchent accroupies et le placenta est enterré sous le lit si le nouveau-né est une fille mais sous l’autel des ancêtres si le nouveau-né est un garçon. Ils pratiquent le culte des esprits et croient en la réincarnation. Les Dzao vivent à plus haute altitude, là où règnent les brumes éternelles. Les femmes se rasent la tête qu’elles enduisent de cire et recouvrent de beaux fichus rouges ornés de pièces d’argent. L’éclairage de leurs habitations est produit par de micros générateurs placés dans les ruisseaux. Les Dzao pratiquent le culte de l’ancêtre et honorent les génies du vent, du feu, de la rivière, du riz et des montagnes.  Je viens d’apprendre qu’il est possible de me rendre cet après midi dans deux villages Hmongs et de retourner avant la tombée du jour. Je décide donc d’aller à Cat Cat et à Xin Chaï. Toï ce vietnamien homme à tout faire de l’hôtel parle bien le français, il me propose de m’accompagner. Dès le premier kilomètre je commence à être fasciné par ce décor verdoyant, cette vue plongeante sur la vallée, ce paysage entièrement recouvert de rizières en étages. La balade est superbe, nous passons un long pont de bois suspendu pour atteindre une cascade et une rivière où les générateurs produisent le courant pour les hameaux hauts perchés. La montée sur Sapa est épuisante, à mi-chemin des motos-taxis tentent de persuader les étrangers de monter avec eux. Le décor est tellement sublime que je préfère continuer à pied pour en profiter au maximum.  Pour me mêler à la population locale je choisis d’aller dîner dans les nombreuses gargotes situées sous le marché, dans l’une je prends un plat de cerf accompagné de champignons, dans l’autre une sorte de quiche aux grenouilles. Je regagne alors le Royal Hôtel où je suis très confortablement installé. Demain je partirai pour un trek de trois jours et deux nuits loin de tout.

Trek dans les rizières.

Gom a 24 ans, elle parle très bien l’anglais, c’est elle qui sera ma guide. Dès 6 heures elle m’attend à la réception, me conseille d’emporter le minimum d’affaires et me propose de passer par le marché pour y acheter des chaussures plus confortables que celles que je possède. Gom est chargée, elle profite de faire ce trek pour apporter des denrées à sa maman qui vit très sommairement dans un village isolé. Elle se rend une fois par semaine à Lao Chaï seule ou accompagnée de touristes. Ce trek représente 23 kilomètres de marche avec une première étape de sept kilomètres pour passer la nuit dans le village de Lao Chaï chez la maman de Gom, une deuxième étape de huit kilomètres jusqu’à Ta Van pour passer une nuit chez une famille Dzao et une troisième étape de huit kilomètres pour regagner Sapa. A un kilomètre de Sapa avant d’aborder la longue descente nous faisons une pause dans un café de bord de route pour y prendre un petit déjeuner et fumer un tabac local à l’aide d’une pipe longue de 80 centimètres de fabrication artisanale. La descente vers les plantations de riz est magnifique et le chemin parfaitement praticable sans la moindre difficulté. Gom s’arrête dans un champ pour y cueillir une plante que je méconnais, elle me frotte le creux de la main avec ses feuilles et une minute après, ma main devient bleu sombre. Il s'agit de méthylène, une plante qui est utilisée par les femmes comme produit de beauté. Nous ne sommes plus qu’à quelques minutes des rizières, Gom, à l’aide de deux feuilles de bambous confectionne un instrument de musique et me joue “frère Jacques”. Le chemin est maintenant plus pentu, plus étroit et très glissant, nous descendons avec prudence jusqu’à un cabanon où des fillettes Hmongs vendent des bracelets. Nous profitons de cette étape pour assouvir notre soif. Gom me rapporte une poignée de champignons et me met en garde de ne surtout pas les porter à la bouche car il s'agit de champignons hallucinogènes. Très souvent des gamins imprudents ont eu des comportements étranges après en avoir ingurgité. Nous approchons de Lao Chaï, traversons un pont suspendu à des lianes pour aller visiter l’école. Les enfants me réservent un accueil chaleureux et la maitresse m’explique le fonctionnement de l’enseignement dans ces coins retirés. Les enfants se rendent à l’école seuls et à pied, ils vont de hameau en hameau, ils font jusqu’à cinq kilomètres tous les matins quelques soient les conditions atmosphériques. Les cours durent quatre heures puis il faut retourner. Tous équipés d’imperméable ou de parapluie, de leur cartable et de leur gamelle de riz ils s’en retournent les pieds dans la boue jusqu’aux chevilles. Nous escaladons d’interminables marches en terre boueuse pour arriver à la maison de Gom. Il s'agit d’une grande baraque de bois et bambous recouverte de tôles rouillées. Gom me présente sa maman, son petit frère et sa petite sœur. En attendant l’heure du dîner nous allons visiter son village, le tour en est vite fait car seulement quinze familles vivent ici. Nous allons cueillir des amandes, celles qui nous serviront à préparer la sauce qui accompagnera le maigre poulet. J’ai très bien dormi sur une épaisse paillasse, derrière le rideau qui délimite le coin chambre de la grande pièce unique. Mais me voila réveillé très tôt par le chant du coq. Une épaisse brume recouvre les rizières. En attendant le petit déjeuner je vais faire une petite toilette dans le ruisseau puis m’installe au sommet d’un mamelon de terre pour admirer la beauté changeante de ce paysage brumeux que nous n’avons pas le privilège de voir en France. Gom est réveillée, il nous faut attaquer maintenant les terribles marches boueuses qui mènent à Ta Van. Les hommes sont déjà dans les rizières, de l’eau jusqu’aux cuisses, ils poussent le lourd araire tirée par des buffles noirs. Ce travail très pénible est indispensable trois fois par an si l’on veut avoir une bonne récolte. Ils travaillent de dix à douze heures par jour quelque soit l’humeur de la météo locale. Ensuite se sera aux femmes de repiquer le riz et de le ramasser. Alors que nous traversons un hameau composé de cinq habitations, nous sommes alertés par les cris déchirants d’un enfant qui vient de se couper un doigt avec une machette. Gom qui est équipée d’une trousse de premiers soins vient au secours de l’enfant. Elle alertera l’infirmière du dispensaire de Ta Van dès que nous y arriverons. Je propose à Gom d’accélérer le pas, sans toutefois prendre de risques, surtout lorsqu’il nous faut traverser les dalles de pierres lisses d’une longue cascade. Ce raccourci nous a permis de gagner près de trois kilomètres. Ta Van est en vue, il nous reste à dévaler la longue descente dangereuse où je m’étale dans la boue. Avant d’aller trouver la famille d’accueil, nous fonçons à l’infirmerie pour y trouver la seule infirmière qui assure à pied les urgences sur près de douze hameaux situés entre deux et cinq kilomètres de Lao Chaï. Mission accomplie ! Nous nous présentons chez l’habitant où nous sommes accueillis chaleureusement. Je prends possession d’une chambre sommaire située en haut d’un escalier de bois d’où je domine la grande pièce d’en bas qui sert de cuisine et de salle à manger. Le sol est en terre battue et dans un coin est creusé un petit trou entouré de pierres plates. C’est le foyer, celui dans lequel nous préparerons le repas de ce soir. La maîtresse de maison s’appelle Troï, c’est une femme Dzao d’une trentaine d’années, elle nous explique comment cuire le riz à la vapeur, faire la farce des rouleaux de printemps et les confectionner, préparer les pousses de bambous, et émincer la viande. Son époux est dans les rizières, il rentrera très tard. Les toilettes et les WC sont au fond du jardin dans une petite cabane en bambous alimentée en permanence par l’eau d’un ruisseau. Derrière la réserve à bois se trouve le poulailler et une grange occupée par trois chèvres noires. Le jardin potager est luxuriant, tout ce que nous allons déguster ce soir provient d’ici. Le chef de famille apparait recouvert de boue séchée, il se rend près de la réserve d’eau pour y faire une rapide toilette avant d’aller chercher deux bouteilles d’alcool de riz. Pendant “l’apéro” deux petits enfants terminent leurs devoirs perturbés par ma présence, puis nous passons à table. Une table entièrement recouverte de divers plats et de plusieurs sauces, bref ! un véritable festin et qui plus est, un excellent festin. Troï, la maîtresse de maison aime bien plaisanter et picole comme un homme. Nous trinquons moultes fois avec ce mauvais alcool qui me laissera quelques séquelles au lever. Le petit déjeuner matinal est un véritable cérémonial, Troï prépare la pâte à pankakes, Gom fait fondre du chocolat, Bimbo fait sauter les crêpes. Troï aurait bien aimé que je reste un jour de plus mais Gom n’est pas d’accord. Il nous faut aujourd’hui grimper huit kilomètres sur l’autre versant pour atteindre Supam où se trouve une route à voie unique. A Giang Ta Chaï nous avalons une soupe de nouilles chinoise en sachet et faisons du “Stop” pour regagner Sapa. Sapa où je resterai la matinée de demain avant de prendre le bus pour Lao Chaï et le train de nuit pour Hanoï.

Baie d’Along - Île de Cat Ba.

A 6 heures 30, à peine arrivé à Hanoï, la patronne de ma guesthouse m’informe qu’elle m’a trouvé un départ pour la baie d’Along à 8 heures. J’ai juste le temps de faire une rapide toilette et de foncer sur une moto pour me faire transporter au terminal des bus pour Haïphong. Haïphong se trouve à deux heures à l’est de Hanoï en direction de la côte, tout près de Along city, de la baie d’Along et de l‘île de Cat Ba. Après une nuit dans la rue Vuon Dao à l’hôtel Hoa Anh Dao j’embarque pour une mini excursion de deux jours dans la baie. Ca fait seulement une quinzaine de minutes que je suis en mer et commence à apercevoir les premiers rochers qui jaillissent de l’eau. Ici c’est un paysage des plus célèbres d’Asie, près de 2000 pains de sucre de toutes les formes et de toutes les tailles émergent de la mer et s’étendent sur des centaines de kilomètres. Au fur et à mesure que le bateau avance le paysage change sans cesse d’aspects. L’atmosphère est étrange et lunaire, j’ai du mal à imaginer que je navigue en mer, les montagnes envahissent les eaux et prennent des formes fantastiques.

Halong signifie “descente du dragon”, d’après la légende “...le dragon serait descendu dans la baie  pour y domestiquer les courants marins. Avec les violents mouvements de sa queue il entailla la montagne, le niveau de la mer monta brutalement et laissa apparaitre les cimes...”  Le bateau avance tout doucement et longe un magnifique petit village flottant de pêcheurs, il jette l’ancre, le temps d’observer les viviers dans lesquels grouillent des crustacés et d’énormes tourteaux. Le bateau est équipé de couchettes individuelles très confortables, la salle de restaurant n’est faite que de bois verni, sur le toit l’aménagement est propice au farniente et à observer ce décor insolite. Le soleil couchant pointe et tout le monde est sur le toit. C’est magique, une nouvelle fois le décor se transforme. Les seules jonques qui naviguent encore dans la baie de la huitième merveille du monde ne sont plus que des reproductions des jonques de pêcheurs, elles sont aujourd’hui destinées aux excursions touristiques. Depuis Bai Chaï le bateau longe le port minier de Hon Gaï puis un autre village de pêcheurs blotti au pied de son pain de sucre, il s’approche de petites îles surmontées de statues de Bouddhas et pénètre dans une petite crique à la Robinson Crusoë où se trouve la grotte des trois palais. J’escalade des échelles et un escalier abrupt pour atteindre une salle où foisonnent des stalactites et stalagmites évoquant des amoncellements de cire de bougies. Nous quittons la crique pour faire une nouvelle escale dans une sorte de petit lac intérieur de forme circulaire. Pour y parvenir nous sommes obligés de passer sous une voûte rocheuse d’à peine cinq mètres de haut. Le lac est doté d’une mer bleu émeraude, je suis dans “la baignoire des fées”. Tout le monde est invité à se baigner sous les yeux des mouettes et de nombreux singes. Au nord de la grotte un rocher me rappelle le profil de François Mitterrand. Ma mini croisière s’achève à la “grotte des surprises”, j’escalade un petit belvédère en bois pour surplomber la crique où sont amarrés des dizaines de bateaux. Quel beau coup d’œil !Le bateau s’arrête pour la nuit au beau milieu des eaux. L’aubergiste vient prendre les commandes, il demande à chacun  “...Pour combien de dollars voulez vous manger de poisson ou de fruits de mer ?.....”  Il pèse ensuite le poisson ou les fruits de mer pour  adapter les repas individuellement. J’opte pour cinq dollars, et quelques minutes après il m’apporte un copieux plateau de fruits de mer accompagné bien entendu d’un bol de riz.

Dès cinq heures du matin je suis le premier sur le toit du bateau et attends le lever, le moment de bonheur où les premiers rayons du soleil se frayent un passage entre les pains de sucre. Le canadien avec qui j’ai dîné hier soir, moins matinal que moi arrive après le spectacle. Nous naviguons vers Cat Bat à travers de charmantes habitations flottantes bleu turquoise. Ici la vie est au fil de l’eau, même l’école est flottante. Au loin nous apercevons la côte sud de l’île de Cat Ba avec ses immeubles et ses nombreux hôtels. Avec le canadien nous allons nous installer à l’hôtel Khach San Tra My. Adresse: New port - Cat Ba town - Haïphong city.  tél: 84-31 888650. Pour aller visiter une île déserte au large de Cat Ba nous choisissons de louer des kayaks. L’île nous paraissait très près, mais après plus d’une heure passée à ramer nous ne sommes qu’à la moitié du trajet. Plus nous avançons plus nous apercevons une plage de sable parfaitement blanc, j’ai l’impression de voir de la neige sur le rivage. Nous profitons d’être dans ce cadre pour faire une trempette. Les singes en liberté sont agressifs, il est difficile de rester sur la plage aussi nous décidons de rebrousser chemin. Il nous faudra deux heures pour atteindre le rivage de Cat Ba.  Cat Ba est une île aux reliefs escarpés couverte d’une forêt touffue, ce petit paradis englobe des formations marécageuses au pied des collines, des mangroves côtières, de nombreux lacs d’eau douce et des récifs de corail au large. Les eaux du littoral abritent des phoques, des dauphins et une multitude d’espèces de poissons et de mollusques. Le canadien fait surface, nous prenons un taxi pour nous rendre de l’autre côté de la baie y trouver un “sea food”, un restaurant flottant dans le port de Ben Beo. Le restaurant Xuan Hong est un peu moins touristique que les autres, sa terrasse sur pilotis surplombe des eaux parfaitement propres. C’est une ferme piscicole, aussi la fraîcheur des produits est garantie. Les poissons sont pêchés à la commande et les prix sont calculés en fonction du poids et de l’espèce. Nous prenons chacun un copieux assortiment de produits de la mer pour huit dollars. Ce soir je suis particulièrement fatigué, les quatre heures passées à ramer et la chaleur m’ont accablé. Je ne me fais pas prier pour regagner l’hôtel, d’autant que demain je prendrais un bateau très tôt pour retourner sur terre et rejoindre Haïphong.

Ninh Binh -(La baie d’Along terrestre).

J’ai besoin de repos avant de descendre au sud du Vietnam, alors je m’arrête à Ninh Binh où je resterai trois jours. Depuis Haïphong, j’ai deux heures de bus à accomplir, il est déjà très tard et arriverai de nuit à l’hôtel Xuan Hoa de Ninh Binh pour 4 dollars la nuit. Adresse:  31 D.Phô - Minh Khaï - Phuong Nam Thanh - Ninh Binh Town. Tél: 030-880970. Email: xuanhoahotel@hotmail.com  Ninh Binh est un gros village implanté au milieu d’une campagne merveilleuse et très calme.  Tout proche se trouve Hoa Lu et le site de Tam Coc, considéré comme la “baie d’Along terrestre”.

Ce matin la patronne du “Xuan Hoa” me propose d’utiliser le vélo pour me rendre à Tam Coc, un minuscule village où les habitants se sont organisés en coopérative pour assurer les balades sur la rivière. Je choisis une balade de quatre heures aller-retour. Quelle merveille ! Les paysages sont d’une extrême sérénité, d’immenses pains de sucre plongent abrupts dans la rivière. Les roches sont déchiquetées et creusées à leur base en épousant des formes bizarres. La dame qui conduit et qui dirige la barque parle quelques mots de français “attention à la tête..”, nous passons sous un mini-pont de bois et naviguons au beau milieu des plantations de riz. Ma pilote, comme beaucoup d’autres, rame à l’aide de ses pieds, une technique traditionnelle propre à cette région. Rivière et rizière se confondent, les canards batifolent, les cabris gambades. Les admirables petites maisons typiques sont ancrées au pied des falaises. La barque flotte vers une large grotte, une sorte de tunnel découpé par l’érosion. La tête baissée nous passons cet obstacle de 200 mètres et réapparaissons de l’autre côté au milieu d’une forêt de bananiers. Je me fais déposer au niveau d’une grande cavité qui abritait un hôpital Viêt-Cong. Toutes les grottes et les moindres cavités servaient de cache aux vietminh. On y trouve encore des slogans vietminh gravés dans la pierre. Le retour est tout aussi beau que l’aller, nous croisons de nombreuses autres barques, les femmes qui pilotent font le trajet ensemble et discutent entre elles. La barque m’arrête au petit port de Tam Coc où j’ai déposé mon vélo. J’enfourche la “bécane” pour aller à Hoa Lu et une meute d’enfants me harcèlent afin que je leur achète des cartes postales, des nappes brodées et bien d’autres babioles. Je poursuis le chemin à pied car la piste est trop défectueuse. Après cinq kilomètres j’arrive devant la pagode de Dich Long. Cette pagode est décorée de céramiques vertes vernissées, sur le faîte le traditionnel dragon veille sur le site. Le tombeau du roi se trouve au sommet d’un piton rocheux, je dois grimper un escalier de 300 marches glissantes pour parvenir au sommet.  Trois kilomètres plus à l’est je me retrouve devant la grotte de Thai Vi, un genre de temple troglodyte où les viets viennent nombreux faire brûler de l’encens. Sur le bas côté j’aperçois la rivière sur laquelle je naviguais il y à deux heures. De retour à l’hôtel je rencontre une hollandaise complètement désorientée, elle vient juste d’arriver, elle s’appelle Syfret et compte s’installer ici avant de monter dans le nord. Je lui propose qu’elle me rejoigne vers 18 heures à la réception pour aller dîner ensemble et pour lui fournir des renseignements sur la région. Durant notre modeste repas nous échangeons nos connaissances personnelles sur les voyages. Elle a pas mal baroudé et connais bien la Thaïlande et le Cambodge. Nous décidons de louer une moto pour demain, je l’emmènerai à Tam Coc où elle fera la même balade en barque que j’ai faite cet après midi, puis nous irons ensemble au village flottant de Kenh Ga.

Kenh Ga signifie “canal aux poulets”. Autrefois un grand nombre de poulets sauvages peuplaient ce village. L’endroit est idyllique, sur la rivière Hoang Long les habitants rament avec leurs pieds, allongés dans leurs barques en regardant le paysage. Les gens d’ici passent la majeure partie de leur vie sur l’eau, ils s’occupent de leurs élevages piscicoles flottants, récoltent des algues pour nourrir les poissons, écument les eaux peu profondes à la recherche de coquillages, vendent des légumes de bateau à bateau. Les enfants qui se rendent à l’école en bateau sont très chaleureux, ils crient  “Tay oi” (occidental) à tous les étrangers mais aussi à tous les vietnamiens. Le cadre montagneux de Kenh Ga est inégalable, Syfret est ravie, depuis qu’elle remonte le Vietnam depuis Hô Chi Minh jusqu’ici elle n’avait pas encore trouvé un coin aussi beau et si reposant. Ce soir alors que nous regagnons l’hôtel nous décidons de garder la moto car demain nous irons à Phat Diem.

Phat Diem se trouve à trente kilomètres au sud de Ninh Binh et abrite une cathédrale remarquable par ses dimensions et son architecture sino-vietnamienne d’inspiration européenne. Il existerait dans la région 120 000 catholiques. La voûte de la cathédrale est impressionnante, elle est soutenue par des colonnes de bois de un mètre de diamètre et de dix mètres de haut. Les nefs latérales sont ornées de curieuses statues de bois et de pierre. L’autel est taillé dans un seul bloc de granit. Demain Syfret partira pour le nord: Haiphong, Hanoï, Sapa, avec tous les tuyaux, et les précieux renseignements que je lui ai fourni. Quant à moi je partirai vers le sud avec les bonnes adresses que Syfret m’a donné. Pour aller à Hué je prendrai un bus via Dong Ha où je ferai une halte dans la zone démilitarisée.

 La zone démilitarisée et le bilan désastreux de la guerre.

La zone démilitarisée est un “no man’s land” situé au niveau du 17 éme parallèle, elle séparait le nord Vietnam du sud Vietnam depuis 1954. (Juste après la fin de la colonisation française de1859 à 1954). De 1954 à 1975, le fleuve Ben Haï fît office de ligne de démarcation entre la république du Vietnam (Sud Vietnam), et la république démocratique du Vietnam (Nord Vietnam). De chaque côté du fleuve s’étirait une zone de cinq kilomètres de large baptisée zone démilitarisée (DMZ). Au fur et à mesure que le conflit s’intensifiait, cette zone allait devenir l’une des plus militarisée au monde.  Pour échapper aux forces américaines, les vietnamiens creusèrent des kilomètres de réseaux de tunnels extrêmement complexes. Les tunnels de Vinh Moc n’ont guère changé depuis 1966 même si certaines de leurs entrées ont été consolidées ou envahies par la végétation. Construit sur trois niveaux ces abris se trouvaient entre 15 et 26 mètres sous le sommet de la falaise. Les tunnels ont été sans cesse bombardés par les américains mais les bombes n’étaient pas perforantes. Une seule bombe atteignit le tunnel et n’explosa pas. Les habitants transformèrent le trou percé par l’engin en bouche d’aération. Si la guerre est finie depuis longtemps, la mort et le risque de graves blessures sont toujours d’actualité dans la DMZ car de nombreuses mines et obus trainent encore non désamorcés. Hors des sentiers battus il faut regarder où mettre les pieds et faire attention aux restes des obus au phosphore, matière hautement inflammable qui ne s’altère pas au contact de l’air, même exposés de manière prolongée aux intempéries.  Aucun pays au monde au cours du XX ème siècle n’a connu une guerre si destructrice, un tel déluge de feu et de bombes. Comment peut-on renaître de ses cendres ?  Peut être à la manière du Phénix, cet oiseau mythique et légendaire. Près de quinze millions de bombes ont été larguées sur le Vietnam entre 1962 et 1975 (4 fois le tonnage lâché pendant la seconde guerre mondiale). Ce qui équivaut à 450 bombes atomiques de Hiroshima ! 150 000 tonnes d’engins n’auraient pas encore explosé. Depuis la fin du conflit ces engins auraient fait plus de 100 000 victimes. La croûte terrestre du Vietnam est trouée, mouchetée par 20 millions de cratères de bombes. Selon les experts vietnamiens les américains auraient “arrosé” le Vietnam, le Cambodge et le Laos de 72 millions de litres de produits chimiques, défoliants, napalm et compagnie, sur leurs territoires. Près de la moitié de ce lugubre tonnage serait le célèbre “agent orange”, un liquide à base de dioxine, la substance la plus toxique au monde (souvenez vous de Seveso !). 16 % des terres ont été touchées par ce produit qui ravage tout sur son passage tuant les hommes, les animaux, les plantes et les arbres, (20 000 km2 de forêts ont disparu) et qui provoque encore aujourd’hui des cancers et des malformations génétiques. Dans la DMZ, 50 % des terres ont été victimes de ces produits.  Du côté vietnamien cette guerre impitoyable a causé la mort de 4 millions de civils (5% de la population) et de 440 000 combattants. Du côté américain 58 000 combattants seraient morts ou portés disparus et 320 000 blessés. Tout un gâchis pour rien !  La guerre d’Indochine (1946-1954 ) a coûté 16 milliards d’euros à la France. La guerre du Vietnam (1954-1975 ) a coûté aux américains plus de 150 milliards de dollars en dépenses directes et le double si l’on ajoute les dépenses indirectes.  “  ...Je crois que le Vietnam est ce que nous avons eu à la place d’une enfance heureuse. “ Extrait d’un chef d’œuvre que je vous recommande de lire absolument: “ Putain de mort “ de Michael Herr aux éditions Albin Michel 1980. Ouvrage publié pour la première fois en Amérique sous le titre de “Dispatches".

Population Vietnamienne et religion.

Malgré cette atroce guerre le Vietnam est le treizième pays le plus peuplé du monde (95 millions d’habitants) et le taux de natalité grimpe sans cesse (1 million de nouveau-nés par an en moyenne). En 2010 ils seront 100 millions. Ca fait beaucoup de bouches à nourrir ! Le tiers du pays a moins de 20 ans, ça promet pour l’avenir ! 86 % de la population est d’origine vietnamienne, 2 % d’origine chinoise et le reste est composé de 53 ethnies différentes. Les vietnamiens vivent depuis des siècles dans un univers religieux basé sur les valeurs issues du culte des ancêtres, du bouddhisme, du confucianisme, tu taoïsme et du christianisme. Le culte des ancêtres leur a inculqué l’obligation de bien se comporter et de rester fidèles aux valeurs transmises par leurs ascendants. Le bouddhisme leur a donné les vertus essentielles: patience, détachement, tolérance, non-violence, concentration, jugement et pensée juste, compassion. Du confucianisme ils ont conservé l’idéal de l’homme bon qui se perfectionne sans cesse dans le respect de l’ordre social dans lequel il vit.  Le culte des ancêtres est antérieur au bouddhisme et au confucianisme et nombreux s’en contentent car pour honorer leurs ancêtres, pas besoin d’aller à la pagode ni de sortir de chez soi. Il suffit de rester à la maison et de prier ses ascendants devant un autel qui leur est destiné. Tous les vietnamiens pratiquent ce culte domestique, même les militants athées les plus durs du parti communiste. Ils se prosternent devant un petit meuble tout simple sur lequel ont été disposés des photos, des fruits, des fleurs et des bâtonnets d’encens à la mémoire des ancêtres. Les vietnamiens considèrent que les âmes de leurs parents survivent après leur mort et qu’elles protègent leurs descendants. C’est aux âmes que l’on s’adresse pour demander guérison d’un enfant, succès dans les affaires, réussite aux examens........ Le Vietnam compte aussi une toute petite communauté musulmane principalement concentrée à Hô Chi Minh. Ceux-ci pratiquent une religion allégée de contraintes: ils ne prient que le vendredi, ne suivent le Ramadan que trois jours et surtout, ô les bienheureux ! Ils peuvent boire de l’alcool.

Hué et la cité impériale.

Il est grand temps de reprendre la route, je ne suis plus très loin de Hué la capitale impériale. Dans vingt minutes le bus me déposera au sud de la rive gauche de la “rivière des parfums”. J’avoue que je suis un peu perdu, je consulte mon road book où j’ai noté l’adresse que m’a donné Syfret. Un charmant hôtel très confortable pour cinq dollars la nuit situé au fond d’une ruelle bien calme et à deux pas du cœur vivant de Hué, adresse: Hôtel Halloc, Trieu Thi Quy,10A/66-Lé Loï, Tel: 054.829371. Email: huehalo@yahoo.com.  Juste après avoir pris possession de ma chambre je m’en vais me familiariser avec ce quartier dans lequel je resterai plusieurs jours. J’ai maintenant mes repères et retourne à “Halloc” pour organiser mon séjour ici. Le moyen le plus pratique pour visiter Hué et ses environs c’est de trouver un bon guide motorisé et de le conserver s’il est sympa et compétent. La patronne de “Halloc” me propose quelqu’un de sa famille, un nommé Dung, elle lui téléphone pour qu’il vienne me rencontrer. Dix minutes d’attente et Dung apparait avec un press book sous le bras rempli d’innombrables photos. Nous devons convenir ensemble des services que j’attends de lui et établir un programme de toutes les visites que je désire faire à Hué et dans les environs. OK pour la plage de Taung An, le circuit des tombeaux et pagodes, la cité impériale, les tombeaux impériaux, la rivière des parfums et le site Cham de My Son. Dung est tout de suite mis à l’épreuve, je lui propose de m’emmener finir cet après midi sur la plage de Taung An. La plage quasiment déserte s’ouvre sur un splendide lagon, une gargote vend des boissons fraîches, nous nous y reposons un instant. Je me fais prêter un short de bain et fonce me baigner dans une eau à 32 degrés. Trois enfants informés de ma présence se pointent pour me vendre des fruits frais et m’accompagnent pour une longue balade sur le sable. Il me faut rebrousser chemin pour aller récupérer Dung.  Halloc hôtel” ne dispose pas de restaurant, mais le long du Lé Loï et dans les rues adjacentes des gargotes en veux-tu en voila. Je me fais servir une copieuse soupe garnie de crevettes, de légumes divers et de raviolis chinois. Je goutte aussi à cette macération de carottes, ail, échalotes, citrons verts et soja, dans de l’eau additionnée de vinaigre blanc. Ma première nuit à Hué est bienvenue, j’espère qu’elle sera réparatrice. Demain Dung viendra me chercher et nous partirons faire le tour des pagodes et des tombeaux.

La tournée des pagodes.

Dung est ponctuel, il arrive alors que je suis en train de prendre mon petit déjeuner. La moto est devant l’entrée, pas une minute à perdre, nous traversons le pont Trang Tien juste en face le grand hôtel “Saïgon Morel” et longeons les remparts ouest de la citadelle. Voici la campagne, nous nous arrêtons aux abords de la pagode Thien Mu appelée aussi “pagode de la vieille dame céleste”. L’essentiel de l’édifice est une tour octogonale de sept étages consacrés aux sept réincarnations de Bouddha. A gauche de la tour tout à côté d’une énorme tortue de granit se trouve une grosse cloche qui sonne 108 coups tous les jours, les 108 illusions de la vie. Je plains les voisins ! Au sommet de quelques marches un long portique accueille les génies du bien et du mal et dans le jardin qui se situe juste derrière, quatre généraux bien colorés évoquent le caractère de l’homme, à savoir: le rouge pour la colère, le noir pour la méchanceté, le jaune pour la sagesse et le blanc pour le flegme. Le jardin est superbe, il renferme de nombreuses essences et fleurs: l’ixora, le lantana, le cycas, la rose de noël, les nénuphars blancs, le jardin des bonsaïs et le carambolier qui dévore les briques avec ses racines. Je redescends les larges escaliers qui plongent dans la rivière et vais rejoindre Dung avec qui nous partons aussitôt vers la pagode Tu Hieu. Nous y arrivons au moment de la cérémonie. Pour ne pas troubler les pèlerins, Dung m’emmène vers un charmant pagodon sur pilotis de bois implanté au milieu d’un parterre d’eau recouvert de nénuphars. Le coin est très romantique. De l’autre côté de la passerelle de bois nous débouchons sur l’aile gauche de la pagode qui renferme une minuscule cour entièrement couverte de pots et de jarres de bonsaïs de toutes formes. Avant d’aller au tombeau de Tu Duc nous laissons passer la longue procession des pèlerins qui quittent la pagode pour retourner chez eux. Nous passons rive droite de la rivière des parfums et prenons l’avenue Dien Bien Phu pour foncer au sud, jusqu’au tombeau de Tu Duc appelé “tombeau de l’éternité”. Le grand parc est planté de frangipaniers, de jacquiers, de longaniers et de litchis.  Tu Duc fut un étrange souverain qui fît tuer tous les membres de sa famille en 1848 et de son vivant fît édifier son propre tombeau. Tu Duc avait l’habitude d’aller dans le jardin pour y réciter les poèmes de sa composition, il en aurait écrit 1600. Un intellectuel opposé à sa cruauté aurait laissé ces vers: “ Quelle sorte d’éternité est cette éternité ? Ses murs sont construits d’os de soldats......ses fossés sont remplis du sang du peuple...”. Depuis l’imposante porte d’entrée je longe le lac Lun Kiem pour accéder au palais de la modestie. Dans le palais se trouve le bureau de Tu Duc et derrière, les appartements privés impériaux, la salle à manger et le théâtre impérial tout en bois. Pour parvenir au tombeau je dois contourner le pavillon des banquets construit sur pilotis. J’accède à une grande arche en terre cuite vernissée et aux portes de bronze protégeant le tombeau d’une étonnante sobriété. Devant lui se trouve un brûle-parfum ciselé. Il paraîtrait que Tu Duc ne serait pas enterré sous son propre tombeau mais dans une forêt des environs. Les fossoyeurs furent tués pour qu’ils ne révèlent pas l’emplacement. La question que je me pose est la suivante: mais qui liquidait les soldats qui les liquidèrent ?

La région est réputée et spécialisée dans la confection des baguettes d’encens. Nous nous arrêtons dans une échoppe de bord de route justement pour observer comment les femmes roulent la pâte d’encens avec leurs mains, et comment elles le colorent. Les étalages de bâtonnets d’encens de toutes les couleurs sont remarquables de très loin sur cette route peu fréquentée qui mène au village de Chan Chu où se trouve le tombeau de Khaï Dinh. Ce tombeau est de tout autre style, il a été construit par paliers aux flancs d’une colline. Khaï Din ne le vît pas achevé puisqu’il mourut au début de son édification. Cet empereur mégalo pas très aimé de son peuple se distinguait par le sens de sa frime et de l’ostentation, de plus il augmenta de 30% les impôts de son pays. Son tombeau est situé à la 127 ème marche d’un grand escalier, dans une pièce qui est un vrai délire: festival de mosaïques diverses, statues en bronze grandeur nature à son effigie, baldaquins en béton, couronnes mortuaires en métal.  Pour retourner nous nous arrêtons dans un petit hameau pour y siroter un thé. Un panneau indicateur signale “Arène aux tigres 150 mètres”. Je demande à Dung de m’y emmener par un chemin de terre abominable. Un escalier nous permet de monter sur le mur d’enceinte. Les pierres sont glissantes, il y a de nombreux nids de poules et la végétation a envahi les murs. C’est très dangereux, mais de cet endroit nous pouvons deviner la forme circulaire de l’arène. Elle ne servait pas aux combats de gladiateurs mais aux bagarres sans merci entre les tigres et les éléphants. Les éléphants parfois sérieusement blessés finissaient par vaincre les tigres. Le spectacle était arrangé car les griffes des tigres étaient préalablement limées. A 150 mètres d’ici se trouve le “lieu du barrissement des éléphants” avec son temple dédié aux pachydermes. Il a été construit à la mémoire des deux éléphants vaincus dans l’arène. Dung mérite bien une boisson ! Ça fait sept heures que nous faisons cette randonnée culturelle, aussi, je décide de rentrer car j’ai envie de me faire un bon restaurant ce soir. J’informe Dung de ne pas venir me chercher demain car j’irai à la citadelle et à la cité impériale avec un vélo de location.

Retour en ville.

Hué est une petite cité moins austère et moins fiévreuse que Hanoï. Hué symbolise l’histoire, la poésie, la littérature et la brillante vie culturelle. A Hué on y rencontre les filles les plus ravissantes de tout le pays, un dicton dit: “Les filles de Hué sont comme de petites plantes de quelques centimètres de haut qui poussent dans les champs autour de la ville, dès que l’on touche leurs feuilles, celles-ci se recroquevillent sur elles-mêmes”. Un autre adage vietnamienparle des trois perfections du Vietnam: la cuisine chinoise, les bâtiments français et les filles de Hué. (En France nous avons les filles de Camaret). A Hué le sang royal coule dans les veines des habitants. Chaque année la population honore leurs prestigieux ancêtres. Au XIX ème siècle les souverains collectionnaient les concubines par centaine. Gia Long en eut 31 et Tu Duc 103. Quant au roi Minh Mang, il couchait avec cinq à la fois. On dit qu’il pouvait en féconder quatre par nuit grâce à une boisson aphrodisiaque chinoise. (Certainement l’ancêtre du Viagra !). Voila pourquoi aujourd’hui les gens de Hué affirment descendre des empereurs.  Il fait chaud ce soir dans la capitale du chapeau conique. Près de 700 familles sont spécialisées et vivent de la fabrication de ces célèbres chapeaux coniques. Ils les fabriquent à l’aide de cerceaux de bambou et de feuilles de latanier, certains sont ensuite vernis avec de la sève de pin.

Rencontre de Nhoc.

Alors que je suis en train de sucer une glace dans le parc qui longe le Lé Loï et la rivière des parfums, une nommée Nhoc vient s’asseoir à mes côtés pour échanger quelques mots d’anglais avec moi. Faut dire que le coin se prête aux rencontres ! Nous parlons de tout.et de rien. Quelques gouttes d’eau viennent nous perturber si-bien que nous devons quitter notre banc public. Nhoc m’abrite sous son parapluie et m’accompagne au “Stop and go café”. L’idée me vient d’inviter Nhoc, celle-ci accepte volontiers. Nous montons à la salle en terrasse, l’atmosphère de ce café restaurant est bohême, le patron est un artiste peintre, il a couvert tous ses murs de ses œuvres d’art. Nhoc est de bon conseil, je lui laisse le soin de me composer le menu: des “banh khoaï”; délicieuses galettes de riz salées et des “nem lui”; des brochettes grillées à rouler soi-même et à tremper dans une sauce aux cacahuètes. Un régal ! Je profite de cet instant pour faire un peu de baratin à Nhoc. Elle ne pourra pas venir avec moi demain pour visiter la cité impériale car elle travaille très tôt dans une fabrique d’objets laqués où je suis invité demain après midi. Elle me remet ses coordonnées: Email: nhoctdvt@yahoo.com  Phone: 0905-113116   “Glad to meet you...” !      Il fait déjà très chaud. A 8 heures 30 du matin je m’en vais louer un vélo pour balader en ville et aller visiter la citadelle. La cité impériale ouvre sa porte, “la porte du midi” dès 7 heures. Je m’approche du guichet de gauche, celui qui est destiné aux étrangers et je m’acquitte de 55000 dongs (5 euros). Le guichetier me remet une brochure avec la carte du site. Des guides sont postés à l’entrée mais je m’en passerai ! La cité impériale de Hué est la seule des cités impériales du Vietnam encore existante. Elle fut construite de 1804 à 1833 à l’initiative de Gia Long, le fondateur de la dynastie des Nguyen, sur un carré de dix kilomètres de périmètre, sur le modèle des palais impériaux chinois.  La ville comprend trois enceintes, celle de la ville impériale, celle de la cité royale et celle de la cité pourpre interdite. 60000 personnes vivent à l’intérieur de la citadelle. Jadis la porte du midi était réservée à l’empereur et à sa famille, aujourd’hui je peux la franchir pour découvrir ces deux grands bassins qui séparent la voie centrale et “l’esplanade des grands saluts” menant au palais du trône appelé aussi “palais de la suprême harmonie”. Le palais du trône est de tous les palais le seul qui ait échappé aux bombardements des américains en 1868. Sa toiture est faite de tuiles patinées, elle est aussi admirable que la charpente sculptée et que l’immense salle aux 80 colonnes laquées rouge et or. Seul l’empereur pouvait accéder à la cité pourpre interdite accompagné de la reine et des eunuques. Aujourd’hui c’est la désolation, sur 67 édifices importants, 42 furent totalement détruits en 1968 lors de la terrible bataille du Têt. Un peu avant l’ancien théâtre royal se trouve le pavillon de lecture restauré en1990 par l’Unesco, dans l’axe ouest “ la porte de la vertu” fermée et dans l’axe est “la porte de l’humanité” qui ne mène nulle part. J’emprunte un chemin qui longe de jolis prés verts pour aller au temple du culte des empereurs Nguyen. Le porche est très élégant et de couleur rouge, à l’intérieur dix autels célèbrent chaque roi de la dynastie. Au fond il y a des urnes dynastiques, chacune pèse deux tonnes, il y en a neuf, illustrées d’animaux, de fleurs ou de paysages. Devant, s’élève le pavillon de “l’éclatante bienveillance venue d’en haut”, bâtiment le plus haut de la citadelle. Je ressors et me dirige vers le nord pour aller au “palais de la reine-mère“, au “palais de la longue sécurité” et au “palais de la longévité“. Je quitte la cité impériale mais suis toujours dans la citadelle pour y visiter le musée de l’art royal de Hué. Dans la cour du musée sont exposés des canons de bronze. Le musée est doté de très beaux objets, des antiquités de la dynastie Nguyen: un kim chi ngoc diep avec les branches en or et les feuilles en jade, des plateaux en argent et ivoire, des boîtes de noix d’arec et de bétel, des vêtements des rois et des reines, des armes anciennes, des chaises à porteurs, le lit royal, des objets usuels incrustés de nacre et une collection de pièces de monnaie.

Les laques.

La fabrique de laques dans laquelle travaille Nhoc n’est pas tout près. Le plus pratique pour s’y rendre est de prendre une moto-taxi. Je téléphone à Nhoc pour lui dire que j’arriverai dans une vingtaine de minutes. Je me pointe donc à la réception de la fabrique et la demande. Elle accourt le sourire aux lèvres et fière de me recevoir. Elle me met dans les mains d’une de ses copines qui va m’accompagner durant ma visite.  Au Vietnam, la laque est une passion nationale et une très vieille activité artisanale remontant au XIV et XV ème siècle. La laque est une substance d’origine végétale, une sorte de résine extraite par incision d’un arbuste, le Cay Son ou Laquier, qui pousse en abondance dans le nord du Vietnam. La sève est un liquide crémeux et blanchâtre qui est malaxé pendant deux jours avec un mélange de colophane. La laque obtient alors son éclat. A ce stade elle est teintée avec des colorants chimiques, autrefois elle l’était avec des colorants naturels: cinabre, graine de Perse, or et argent et feuilles de nacre. La technique de laquage comporte plusieurs étapes. Il faut choisir le bois (teck ou contre-plaqué). Le bois est ensuite entoilé, c’est à dire recouvert d’une toile imbibée de laque pure. On laisse sécher le tout pendant une semaine, puis commence l’opération de masticage. C’est alors que sont apposées onze couches de laque successives sur l’objet ou le meuble. A chaque couche il faut poncer la surface avec des os de sèche et de la pierre ponce. C’est un travail très minutieux. La décoration et l’incrustation ne se font qu’après la huitième couche. La décoration représente des scènes bucoliques du style “clair de lune sur la rizière”, les artisans utilisent aussi des coquilles d’œufs de cane pour faire leurs “effets”. A l’issue de cette visite complète je suis abandonné dans une grande salle expo-vente envahie par des laques de toutes les formes et tous les volumes que l’on puisse imaginer, du petit galet de plage à l’armoire familiale, du tableau traditionnel incrusté de nacre, au cendrier..... Je demande à ma guide d’appeler Nhoc et nous convenons de nous retrouver vers la fin de l’après midi au Lé Loï, même parc, même banc public, comme hier soir. J’ai donc le temps de passer à “Halloc” pour y prendre une douche, faire un peu de courrier, mettre à jour mes notes dans mon road book et envoyer des E-mail. A 17 heures juste avant que Nhoc n’arrive il me vient une brillante idée. Je me pointe à la cabine de l’embarcadère des bateaux pour la rivière des parfums et achète deux billets pour faire une balade aller-retour jusqu’aux tombeaux royaux. La rivière des parfums tient son nom des nombreuses herbes médicinales qui poussaient sur ses rives. Le soleil a commencé à descendre, la température aussi. Nous voici sur les flots. Nhoc est très contente de cette surprise. Le bateau est tout simplement une grande terrasse de café flottante, nous sirotons un coca et une bière et observons le paysage. Pour survivre, de nombreuses familles vietnamiennes plongent dans l’eau avec des paniers et inlassablement récupèrent le sable dont elles remplissent leurs bateaux. Un travail épuisant et peu rémunérateur. Nous longeons de nombreux villages avec leurs petits autels et les offrandes sur le toit à l’attention des génies des eaux. Ici c’est une procession de “sampans“, ces bateaux lourdement chargés de sable. Pendant une heure et demi nous avons eu le temps de beaucoup discuter, j’ai appris que la famille de Nhoc vivait à Danang à 110 kilomètre au sud de Hué et qu’elle s’y rendait quasiment tous les week-end. Ca tombe très bien ! Car après demain je quitterai Hué pour Hoï An via Danang. Mon road book me dit qu’après demain ce sera samedi. Nhoc est OK pour faire la route avec moi après demain matin.

Demain Dung et sa moto viendront me chercher à l’hôtel pour aller à My Son. Je ne l’ai pas oublié ! Sept heure du matin, le voila ! Je prends vite mon petit déjeuner. Nhoc part travailler et j’enfourche la moto direction My Son. Le site de My Son fut découvert par l’archéologue Parmentier à la fin du XIX ème siècle. C’est le site le plus important de la civilisation Cham. Il s'agit d’un lieu saint créé par l’empereur Bhadravarman fin du IV ème siècle. Les sanctuaires construits en bois brûlèrent tous et ce n’est qu’au VII ème siècle que l’on construisit en dur. Ces temples étaient édifiés en l’honneur des dieux hindous, surtout de Shiva. A l’origine il y avait 78 édifices, mais les intempéries et la guerre détruisirent la plupart d’entre eux. Aujourd’hui il n’en reste plus qu’une douzaine. La société Cham était inspirée de la société indienne, son art, sans atteindre la magnificence et le monumental des temples Khmers, présente une grâce, une élégance et une poésie en tout point séduisantes. Le Kalan, une tour carrée de plusieurs étages ressemble au Sikhara indien et son toit au mont Merou, domicile des dieux. Le Kalan se compose de trois parties: le bhurloka (fondations) qui représente le monde terrestre, le bhurvaloka (corps de la tour) qui représente le monde spirituel et en haut le svaloka qui représente le monde sacré. La tour est entièrement construite en briques assemblées par une technique de liant composé de substances végétales et animales. Il fait une chaleur torride sur le site et j’estime avoir suffisamment fait le tour de cette civilisation. La route est longue pour rejoindre Hué mais nous prenons le temps de nous arrêter à chaque fois que nous trouvons un coin ombragé. Ce soir Nhoc doit venir me chercher pour organiser notre départ pour Hoï An. Je lui avais demandé de passer à “Halloc”, mais comme j’ai beaucoup de temps devant moi je choisi d’aller la chercher à la fabrique de laques. Nous passons ensuite à “Hallo” pour nous désaltérer et allons faire les boutiques que j’avais repéré pour y acheter une pipe d’époque et une bouteille de “Snake wine” (Real speciality of Vietnam), un mini cobra de 70 centimètres macère dans de l’alcool de riz et des racines de ginseng. Il a entre les dents un autre petit serpent de 30 centimètres. L’usage de cette boisson est bénéfique pour les rhumatismes et les lumbagos. Posologie: une cuillerée à soupe chaque jour avant le repas du soir. Après les emplettes nous partons dîner au “Lac Thien” tenu par une famille accueillante dans une sorte de gargote de plusieurs étages spécialisée dans le “Banh Khoaï”, littéralement: “le gâteau du plaisir extrême”. Il ne s’agit pas d’un dessert, mais de succulentes galettes bourrées de viande, crevettes et soja, accompagnées de salade et de nuoc tuong (épaisse sauce marron, certainement au tamarin). A l’issue du dîner nous allons manger une glace dans la guinguette du parc du Lé Loï. Nous rentrons tôt car demain, départ pour Hoï An.

 Danang  et  Hoï An.

La gare des bus est à l’extrême ouest du Lé Loï, nous sommes obligés de passer par les deux guichets, un est destiné aux vietnamiens, l’autre aux touristes. En attendant le bus nous buvons un café chez Pho. Cent huit kilomètres séparent Hué de Danang, trois heures à passer sur les hauteurs en direction du col des nuages. La route est sinueuse avec de remarquables panoramas sur la baie entrecoupée de promontoires. Ce col très souvent sous les nuages marque une frontière climatique entre le nord et le sud. Nous plongeons sur le village de pêcheurs de Lang Co situé au bord d’une lagune. Nhoc connaît bien ce coin car il est tout proche de sa ville natale. Danang est étendue au pied des montagnes au fond d’une baie. C’est la troisième ville du Vietnam, une ville jeune et plaisante. Nous nous rendons chez les parents de Nhoc. Sa maison est au 310 de Hoang Dieu, un peu excentrée au sud de la ville, elle est alignée à sept autres maisonnettes et possède un lopin de terre d’une trentaine de mètres carrés. La maman de Nhoc est âgée, elle me reçoit les mains jointes devant la poitrine en s’inclinant à plusieurs reprises. Pendant que Nhoc s’occupe d’elle et prépare une soupe aux raviolis chinois, je m’en vais dans Danang. Avant la guerre du Vietnam, Danang était dénommée la “Saïgon du nord”. Danang est une ville moderne, la circulation est intense, les magasins sont très chics, l’atmosphère n’y est pas déplaisante du tout. Le centre de la ville est très animé avec de petits cafés et des marchands de glaces. J’ai à peine le temps d’aller visiter le musée de la culture Cham, de réputation internationale. Il abrite une collection de sculptures comptant parmi les plus belles du monde. Je suis ébahi par les détails d’une extrême finesse des sculptures d’autel, de lingam, de garuda, de ganesha et par les représentations de Shiva de Brahma, de Vishnu, du prince Rama en train de rompre l’arc sacré et des apsaras (vierges célestes) qui dansent et offrent des fleurs aux jeunes mariés. Avant de retourner chez Nhoc, je m’arrête au temple de Caodaï, en face le Grand hôpital. Il dispose de deux entrées différentes, l’une réservée aux femmes, l’autre aux hommes. Dans le sanctuaire les femmes se tiennent à gauche, les hommes à droite. Quant au prêtre et à la prêtresse ils pénètrent par la porte centrale. Derrière l’autel siège un gigantesque globe orné de l’œil divin, emblème du caodaïsme. Un écriteau porte l’inscription “Van giao nhat ly” signifiant: “toutes les religions ont la même raison“. A coté de ces lettres d’or sont représentés les fondateurs des cinq grandes religions mondiales: Mahomet, Lao-Tseu, Jésus, Bouddha et Confucius. Il faut que je retourne chez Nhoc avant 17 heures car nous devons prendre le bus pour Hoï An. Je longe les quais où beaucoup de gens vivent sur leurs bateaux puis j’accélère le pas pour rejoindre Hoang Dieu.

La montagne de marbre.

Le bus local pour Hoï An passe par la montagne de marbre. La montagne de marbre est un ensemble de cinq collines calcaires d’où les vietnamiens extraient un très beau marbre, le même qui a servi à la construction du mausolée de Hô Chi Minh à Hanoï. Après une succession de beaux panoramas, j’embrasse du regard les monts et la superbe rivière Han qui coule en contrebas. Les collines portent le nom de l’un des éléments qui a contribué à la création de notre planète: le mont de l’eau, le mont du fer, le mont de la terre, le mont du bois et le mont du feu. Nous amorçons la descente et arrivons au bord d’une pinède derrière laquelle s’étend une plage sur des kilomètres. Ici c’était le lieu de “de-stressing” des GI pendant la guerre. Hoï An apparaît ! C’est la plus charmante des petites villes du Vietnam, un petit joyau truffé d’admirables demeures de grands bourgeois et de riches commerçants chinois. Il est temps de trouver où loger ! Nous préférons un petit hôtel occupé par de la clientèle vietnamienne, le “My Chau” adresse: 04 Tran Cao Van St - Hoï An town - Quang Nam - Téléphone: (84) 0510 916307. Mobile: 0905 113116.  Nous sommes tout près du canal et du fleuve Thu Bon qui longe le sud de cette charmante ville. Hoï An a miraculeusement survécu aux destructions de la guerre et a retrouvée petit à petit sa beauté cachée. Près de 800 édifices de caractère occupent la ville dont de magnifiques demeures bourgeoises restaurées avec goût. Il est trop tard pour aller découvrir la ville, nous nous contentons d’aller dîner au “Good morning Vietnam”. Malgré son nom, il s’agit d’un restaurant italien. Sous les lampions, devant notre table nappée de rouge et blanc nous commandons lasagnes et panzerotti farcis à la courge, pour dessert nous prenons un excellent tiramisu. Cuisine parfaite, service rapide, prix élevé, et manque d’attention du patron milanais qui parle le français. A demain pour découvrir la ville. Petit déjeuner très simple à “My Chau” et nous voilà partis à pied pour le centre ville. Le centre historique de Hoï An est classé au patrimoine de l’Unesco, il est entièrement réservé aux piétons. A l’office du tourisme nous achetons un plan qui nous facilitera la visite et nous évitera les services d’un guide.

Visite de Hoï An.

Cette petite ville portuaire qui déborde de charme est un véritable musée vivant. Au fur et à mesure de notre visite nous sommes envahis par un parfum d’histoire. La ville est fermée et le guide que nous avons choisi nous trace l’itinéraire qui nous permet de découvrir les principaux sites en une demi-journée. Nous nous rendons à la pagode Phac Hat, au départ de l’itinéraire, on ne peut pas la manquer tellement ses façades sont recouvertes de céramiques et de peintures colorées. Nous bifurquons vers la droite pour aller à la chapelle de la famille Truong, dédiée aux ancêtres de Monsieur Truong, couverte de plaques commémoratives. Un peu plus loin dans la rue principale nous voilà devant la maison privée de Tran Phu avec une cour entourée de boiseries finement sculptées. Plus au sud à la nouvelle intersection se trouve le musée de la céramique où sont exposées des pièces bleues et blanches de la période Daï Viet. Une superbe mosaïque orne le fronton au dessus du bassin de la cour intérieure. Bien plus loin nous visitons les maisons des congrégations chinoises, fondées en 1773. Une, accueillait les cinq congrégations de Hoï An: Fujian, Canton, Hainan, Chaozhou, et Hakka. Nous nous retrouvons maintenant sur l’artère principale où se dresse le temple Quan Cong, un temple chinois au toit décoré de carpes, symbole de la patience dans la mythologie chinoise. Tout près de lui, le musée d’histoire abrite une collection de carillons, de gongs et de canons de bronze. Entre les numéros 22 et 73 de la rue, le sympathique Monsieur Duong, professeur de mathématique à la retraite nous invite à visiter sa demeure et nous raconte son histoire en français. Nous voilà enfin devant le pont couvert japonais, en dos d’âne, de vingt mètres de long, dont le toit est recouvert de tuiles vernissées vertes et jaunes. Ce pont relie le numéro 155 (dernier numéro de la rue Tran Phu) avec le numéro 1, (premier numéro de la rue Thi Minh Khaï). Fidèle au style japonais et d’une solidité à toute épreuve il fut conçu pour résister aux tremblements de terre. Sa sobriété contraste avec la richesse de ses décorations vietnamiennes et chinoises. Selon la légende, il existait jadis “ un monstre géant du nom de Cu, dont la tête se trouvait en Inde, la queue au Japon et le corps au Vietnam. Chacun de ses mouvements provoquait au Vietnam une série de catastrophes naturelles. Les habitants auraient alors érigé un pont sur le talon d’Achille de la bête afin de la tuer. Après sa mort, la population prise de pitié, aurait construit un petit temple sur la partie nord du pont, pour rendre hommage à son âme....”. Pour regagner le point de départ nous longeons les quais de la rivière et prenons le temps de prendre un verre au “Tam Tam café”. Nous profitons d’être ici pour aller prendre des renseignements sur les promenades en bateau à faire sur le fleuve Thu Bon. Ainsi demain nous occuperons notre journée sur les flots. Il est 14 heures, il fait très chaud, une sieste s’impose avant d’aller tester les spécialités culinaires de Hoï An. Le “cao lâu” est un plat de nouilles épaisses cuites avec des pousses de soja, des herbes et des morceaux de porc, servi dans des bols de taille moyenne. Pour suivre nous demandons des “hoanh thanh”, raviolis à la farine de blé fourrés d’un hachis de crevettes, le tout arrosé de “Bia Oï”, (bière locale).

A l’aube, nous nous en allons vers le quai qui se trouve le long du grand marché et louons une barque avec un rameur pour deux dollars l’heure. Nous demandons au rameur de descendre le fleuve et de nous emmener à la plage de Cua Daï, bordée de palmiers. C’est le week-end, il y a du monde, bien que la baignade soit dangereuse. Les sables blancs et fins s’étirent sur trente kilomètres jusqu’à Danang. De nombreux kiosques bordent la plage et vendent des fruits de mer, des fruits de terre et des boissons fraîches. Ce soir Nhoc doit retourner à Danang chez sa maman et repartir demain très tôt pour Hué où son travail l’attend. Quant à moi je resterai un jour de plus à Hoï An avant d’entreprendre le long trajet jusqu’à la zone démilitarisée. Je passerai une nuit à Dong Ha, point de départ des bus qui traversent le Vietnam d’est en ouest jusqu’à la frontière laotienne.

Le poste frontière de Lao Bao (Vietnam-Laos), est un point de passage couramment emprunté par les commerçants viets et lao. Ce n’est pas une mince affaire pour s’y rendre. A Dong Ha, où j’ai passé une sale nuit, je suis obligé de prendre un bus local disloqué qui dessert Khe Sanh, trajet de une heure et demi pour 15000 dongs (3 euros). A Khe Sanh il me faut attendre un autre bus qui va à Lao Bao, trajet de deux heures pour 20000 dongs (4 euros). A Lao Bao je m’apprête à faire deux kilomètres à pied sac au dos sous 38°C, pour arriver au poste frontière Viet, et la chance me sourit quand un douanier à moto me propose de m’y emmener. J’accomplis des formalités et il ne me reste plus que 500 mètres à faire à pied pour atteindre le poste frontière laotien. Good bye Vietnan !

Méfiez vous de la mère patrie, c’est une mère qui n’aime pas beaucoup ses enfants et qui joue gaiement avec leur vie, surtout quand ils ont vingt ans.

 

                                             CHANTE UNE FEMME

Dors mon amour mon fils unique

Chante une femme en Amérique

Chante en Amérique une femme

A son garçon mort au Vietnam.

 Chante une femme à son petit

Dors mon amour, dors mon chéri

J’irais à la place où tu dors

T’y bercerais jusqu’à ma mort

Je t’apporterais des cadeaux

Ton vieux train et ton mécano

Et l’étoile en papier d’argent

Dors mon amour dors mon enfant

 Chante une femme en Amérique

Sur l’autre bord du Pacifique

Une mère au petit matin

Réveille l’enfant vietnamien.

 Debout mon fils, debout mon garçon

J’entends revenir les avions

Il faut reprendre nos bagages,

On va faire un petit voyage.

Surtout ne lâche pas ma main

On va courir très loin, très loin,

Toi tu portes ton oiseau gris

Moi les couvertures et le riz.

 Dans son fauteuil diplomatique

A Washington en Amérique

Je dois rentrer dans mon argent

Déclare monsieur le président

 Comme un monsieur qui joue aux dames

Il fixe les bombardements

Et la marche des régiments

Il pose son doigt sur un point,

Courrons, ne lâches pas ma main

Il a posé son doigt ici..................

Dors mon garçon, dors mon petit

Dors mon amour , mon fils unique                                                                                

Chante une femme en Amérique,

Chante en Amérique une femme

A son garçon meurt au Vietnam.

 

                                                                            - LAOS -

 

Court séjour au Laos:

Me voici donc au royaume du million d’éléphants dans une région que je ne connais absolument pas. (En 2001 j’étais resté 16 jours dans le nord du Laos et en 2003 autant dans le sud). Ici c’est le centre, la région la plus austère, 200 kilomètres séparent ce poste frontière laotien du poste frontière Thaïlandais, un coin de la Thaïlande où les touristes sont rares. Je change 10 euros, (120000 kips). Au Laos une nuit en guesthouse coute 36000 kips et un repas 12000 kips. Le Laos couvre 235 000 km2 et compte 5,2 millions d’habitants. C’est une république populaire communiste depuis 1975 où l’espérance de vie est de 53 ans. Le pays est tranquille, nonchalant, et possède un charme subtil. C’est une nation fière de son passé qui cherche sa voie pour se développer tout en préservant son identité. Pour mieux le connaître je vous invite à aller sur mon blog http://www.bimbolaos.canalblog.comCe n’est pas tout, j’ai les pieds au Laos, mais maintenant je dois trouver le bus qui me conduira à Savanakhet. Du poste frontière je dois faire deux kilomètres à pied sous le soleil et rejoindre la petite localité de Dan Savanh. M’y voici, je me désaltère abondamment et trouve une assiette de riz accompagné de grenouilles, de quoi reprendre des forces. A mes côtés, l’homme qui déjeune n’est autre que le chauffeur de bus pour Savanakhet. Il partira dans deux heures, deux heures d’attente pendant lesquelles les passagers avec qui je partagerai le voyage sont en train de charger leurs bagages et leurs provisions sur le toit du bus. Pendant ce temps je sympathise avec le chauffeur qui me réserve une place de choix dans son bus à ses cotés. De grandes bâches imperméables sont maintenant étendues et solidement ficelées sur le chargement. Le chauffeur bloque son klaxon pour appeler les passagers dispersés dans le village. Le bus démarre enfin ! 350 kilomètres séparent Dan Savanh de Savanakhet avec une escale à Sepon. Le trajet me coûtera 35000 kips (5 euros) et si tout se passe bien j’arriverai à destination vers 18 heures. A la première halte, deux dames avec des plateaux sur la tête pénètrent dans le bus pour proposer des “cookey” (des brochettes d’insectes), heureusement que j’ai pensé à manger un morceau à Dan Savanh. Non loin de Sepon le bus s’arrête, c’est la panne ! Tout le monde descend et je ne comprends plus rien de ce qu’il se passe. Un autre bus en provenance de Sepon doit venir à notre secours. Durant notre attente nous sommes accueillis dans la grande salle d’un restaurant et des bouteilles d’eau nous sont offertes. Après plus d’une heure d’attente voici le nouveau bus, mais il nous faudra patienter encore près d’une heure pour décharger le premier bus et recharger l’autre. C’est reparti ! Il nous reste 80 kilomètres à couvrir pour voir enfin Savanakhet à 20 heures. Le premier hôtel qui me tombe sous la main est le “Savanakhet Hôtel” où je suis bien accueilli. Une chambre m’est affectée. Vite une douche et je regagne la réception où je rencontre deux étrangers, un français nommé Eric et un canadien de Toronto. Ensemble nous partons dîner sur les berges du Mékong. En urgence nous demandons une bière fraîche et commandons deux gros poissons grillés. A une table proche de la nôtre dînent deux “nanas”, j’ai grand envie de leur demander de se joindre à nous, Eric me le déconseille fortement car il s’agirait de “lady boys”. J’ai du mal à le croire tellement elles sont belles. Nous poursuivons notre festin quand l’une d’entre elles descend les marches de bois de la terrasse pour aller faire “pipi”. Eric avait raison, le “canon” en question est en train de pisser  debout contre un muret. Pour me remettre, je commande une nouvelle bière. Nous regagnons l’hôtel vers minuit. Demain matin j’irai me renseigner sur les horaires et les prix afin de prendre le ferry pour Mukdahan, je me reposerai et prendrai mon temps pour écrire et pour envoyer de mes nouvelle en France et à mon copain Alain de Bangkok car il m’attend pour mon repas d’anniversaire. 60 ans ça se fête ! Mukdahan est le poste de frontière de la Thaïlande sur le Mékong en face Savanakhet. La traversée se fait en une demi-heure pour 50 bahts (1 euro). A Mukdahan je ne resterai qu’une journée. Le trajet Mukdahan Bangkok est tellement long que je préfère prendre un bus VIP et m’arrêter à Phi Maï, d’autant que je connais très bien ce coin pour m’y être arrêté trois jours il y à quatre ans.

 

 THAÏLANDE

 

 

Je suis de nouveau en Thaïlande, et y resterai tout le reste de mon séjour. Mon programme est maintenant établi, après Phi Maï j’irai à Bangkok pour fêter mes 60 ans avec mon copain Alain et sa famille. Je quitterai Bangkok pour Hua Hin, remonterai de nouveau à Bangkok avant de m’envoler pour le triangle d’or où je ferai le circuit suivant: Chiang Maï, Maé Hong Son, Tathon, Chiang Raï. Je descendrai la Thaïlande par la route en faisant étape à Sukhothaï, Ayutthaya et passerai ma dernière semaine à Bangkok.

8 et 9 mai 2006 (Phi Maï): A Phi Maï je n’ai pas eu de mal à retrouver “Old Phi Maï guesthouse”, la même dans laquelle je m’étais arrêté en 2003. Je n’y resterai que deux jours, le temps d’aller flâner dans la propriété du temple Khmer “Prasat Hin Phi Maï” et de retourner sur le charmant site du banian géant sacré, là où j’avais rencontré les deux berlinoises il y a trois ans.

10 au 15 mai 2006 (Bangkok): Pour ma première journée à Bangkok j’ai décidé de rester dans mon quartier pour mettre de l’ordre dans mes affaires, rassembler toutes les notes que j’ai prises, consulter ma messagerie électronique, envoyer des E-mails et écrire des cartes postales.

11 mai: Je rencontre Com, une fleuriste de Thewet market, téléphone: 05 115 8277. Ensemble, nous partons sur le bateau bus qui descend la Chao Phraya jusqu’au port fluvial de Ratchawrongsee et regagnons “Chinatown”. (Chinatown, voir année 2002, page 6).

12 mai: Com et moi même allons passer la journée sur l’île des potiers à Nonthaburi. (Ile des potiers, voir année 2002, page27)

13 mai: J’embarque vers 10 heures dans le bus N° 99 pour aller à Bangkapi où Alain m’attend à l’arrêt situé entre le Mac Do et le Mall. Nous allons récupérer Puk son épouse, et ses deux enfants, pour aller déjeuner dans un restaurant de quartier très typique. Nous sommes cinq sous une immense tonnelle et en peu de temps la table est recouverte d’une multitude de plats: cuisses de poulets panées, poissons grillés farcis d’herbes aromatiques, soupe de poissons locale, tranches de porc en sauce aigre-douce, grosses crevettes en sauce piquante, rouleaux de printemps et bien entendu du riz. Alain réclame la note et m’interdit de payer. Ce repas frugal pour cinq personnes lui a coûté 2300 bahts (45 euros). Nous passons l’après midi à la maison où Puk prépare le repas du soir. Vers 18 heures nous partons au Mall avec Alain et nous nous rendons dans une boutique de vins et spiritueux. On y trouve des vins français de qualité, des vins italiens et des vins corses. Nous quittons le magasin avec deux bouteilles de rosé. A 19 heures, Alain sort le pastis et nous nous mettons à table. De nouveau, une succession de petits plats délicieux viennent recouvrir la table. A l’issue du repas Puk demande aux enfants d’éteindre la lumière et elle apparait avec un superbe gâteau décoré de six bougies (6 fois 10 ans). Sur le gâteau est inscrit: “Happy Birthday Bimbo - 60 th years”. Je souffle les bougies et, cerise sur le gâteau, Alain apporte une bouteille de “cordon rouge”, nous faisons péter le bouchon et les enfants entonnent Happy Birthday en Thaïlandais. C’est à une heure du matin, en taxi que je regagne Taewez.

14 mai: Je passe la journée à faire des emplettes au marché du week-end de Chatuchak.

15 mai: Je prends le train pour Hua Hin à la gare de Thonburi. Le train quitte la gare à 13 heures pour arriver à Hua Hin à 18 heures. Je retrouve ma guesthouse très calme, “21 poker’s guesthouse” pour 200 bahts la nuit (4 euros). Adresse: 10 Selakham Road - Hua Hin - Prachuapkhirikan 77110. Tél: (032)5310243.

16 et 17 mai 2006 (Hua Hin):Pourvu que je ne rencontre pas cette copine de l’an dernier qui m’avait fermé la porte au nez et conservé mes papiers et billets d’avion pour que je ne parte pas. Les deux journées à Hua Hin je les ai passées à me baigner dans de l’eau à 32°C et à manger des pizzas et des spaghettis.

18 au 20 mai 2006 (Bangkok):Trois jours dans la capitale pour flâner de Mémorial Bridge à Kao San Road, de Pathunam à Siam, de Hua Lampong à Thewet et de Thewet à Dusit. Demain j’irai me renseigner sur les prix et les horaires des bus, des trains et des avions pour Chiang Maï, j’achèterai le T-shirt manga pour Sarah et le T-shirt Billabong pour Yannis. A Pantip plaza je demanderai s’ils possèdent un Evercool de Watercooling pour l’ordinateur de Yannis. A l’agence de voyage de Kao San Road j’ai bien noté les coordonnées du site sur lesquels je peux réserver mes billets de vols domestiques: www.nokair.com

21 au 25 mai 2006, (Chiang Maï):

21 mai: 12 heures, je m’envole pour Chiang Maï. Les thaïlandais, mais aussi les étrangers affectionnent beaucoup Chiang Maï. C’est une belle cité fortifiée ceinte de remparts et de montagnes où abondent mystères et légendes. A 14 heures je m’installe à “Midtown guesthouse” car il n’y a plus de place à “Sarah guesthouse”. Midtown est une excellente adresse très bien située, proche de Ta Phae Gate et du marché de nuit. adresse: Midtown House 7 soï 4 Thapae Gate, A.Muang, Chiang Maï, Tél: 66-53-209062, Email:info@cm-midtown.com. Elle est bon marché, (120 bahts = 2,5 euros), la patronne, Jill, possède des mines d’informations sur la région. J’établi avec elle le programme de mon séjour ici: une journée au temple Wat Doï Suthep et au village de Doï Puy, une journée de trek dans Mae Wang Aréa et une journée de cours de cuisine thaïlandaise à “Pad Thaï cookery school”.

22 mai: Visite du temple Wat Doï Suthep et du village de Doï Puy, (Doï Suthep et Doï Puy, voir année 2002 page 21).

23 mai: Un minibus vient me chercher à Midtown. Il fait du ramassage de guesthouse en guesthouse, d’hôtel en hôtel et prend les touristes qui ont réservé cette journée de trek. Je me retrouve alors avec trois sud-coréennes, un couple de belges, un néo-zélandais, un malaisien et une australienne. Nous faisons rapidement connaissance et après deux heures de route nous entamons une rude montée de 45 minutes pour arriver au village Méo de Ban Man Win en traversant une plantation de litchis. Nous en profitons pour reprendre un peu des forces. Arrivé au village nous visitons le musée de l’opium installé dans une petite cabane en bambou. Les Méo passent leur temps à abattre des arbres pour améliorer leur habitat. Nous redescendons prudemment pour rejoindre le minibus qui nous conduit à l’éléphant riding camp pour une longue promenade à dos d’éléphant. Pour grimper sur l’animal je monte sur une tourelle de bois et bambou. Le cornac emmène l’animal tout contre la tourelle et je m’installe sur la nacelle de bois inconfortable mais solidement fixée autour du corps de l’animal. Les pachydermes capricieux préfèrent dévorer les feuilles des hévéas plutôt que d’avancer. Le cornac maîtrise la bête et c’est parti à travers une jungle épaisse. Ce n’est pas facile de prendre de belles photos tellement je suis balancé de tout côtés, je préfère utiliser le caméscope. Une nuée de taons s’attaquent au troupeau mais aussi à mes jambes nues. L’éléphant écrase tout sur son passage, nous descendons dans la boue, l’éléphant glisse et s’enfonce jusqu’aux genoux. J’en ai assez, mais ne peux rien faire sinon attendre le retour au camp. Le cornac nous fait traverser un cours d’eau, pourvu que l’éléphant ne chavire pas ! J’en ai de plus en plus marre, je suis excédé, fort heureusement j’aperçois au loin les toitures des tourelles d’embarquement qui bientôt seront les tourelles de débarquement. Ouf ! Les minibus nous dirigent maintenant au village de Shanti pour y déjeuner. A Shanti il n’y a qu’un seul restaurant qui nous a préparé le menu unique du jour. C’est dégueulasse! et c’est bien la première fois que je suis autant assailli par une colonie de mouches. Je préfère me serrer la ceinture et je me contente d’un paquet de biscuits et d’une bouteille d’eau. Avant d’aller vers la rivière Yen nous nous faisons déposer dans un village de white karen pour y observer les femmes en train de tisser. Non loin du village nous continuons à marcher une quinzaine de minutes et parvenons à une sublime cascade de 40 mètres de haut et de très fort débit. Le coin est paradisiaque ! Nous voici au bord de la rivière Yen où trois longs radeaux de huit mètres nous attendent. Nous sommes trois par bateau et le pilote muni d’une longue perche de bambou nous dirige sur le cours d’eau capricieux. A deux reprises un choc violent réussit à renverser à l’eau les coréennes et le malaisien. Nous amorçons les rapides, le pilote debout tente de diriger le radeau, il maîtrise parfaitement l’engin. En contrebas nous apercevons une mini cascade, le pilote préfère la passer seul. Il nous dépose, et une jeep nous transporte un peu plus bas pour de nouveau embarquer et terminer la descente là où la rivière s’élargit et où les eaux deviennent plus calmes. Une heure trente là dessus c’est bien suffisant ! Nous sommes trempés mais deux heures plus tard en arrivant à Chiang Maï tout le monde est parfaitement sec. Crevé par cette rude journée je ne m’attarderai pas longtemps ce soir au marché de nuit, seulement pour y prendre un diner kantoké et rentrer à pied à “Midtown”.

24 mai: Alors que je suis inscrit aux cours de cuisine thaï, la prof nous emmène au grand marché de Chiang Maï pour y faire les courses, elle nous explique beaucoup de choses sur les principaux ingrédients qui composent la cuisine thaï et tout ce que nous allons utiliser pour réaliser les principaux plats les plus populaires du pays. Maintenant que nous savons tout sur les Curry, les aromates, les légumes, les riz, les pâtes et les fruits nous pouvons commencer. Les cours commencent à 9 heures, ils se passent dans une immense salle équipée d’une longue table qui peut recevoir douze élèves. Le long du mur il y a douze réchauds au gaz, douze woks et tous les ustensiles que nous allons utiliser. Les cours sont en anglais et nous allons réaliser: les Pad Thaï, le poulet au curry vert et aux pousses de bambou, le poulet frit aux noix de cajou, le Thom yam kung et les rouleaux de printemps.

Comme je vous l’avais promis, voici les recettes. Je les ai rédigées moi-même à l’aide des notes que j’ai prises et avec les images que j’ai visionné de mon caméscope.  (Recettes pour 1 personne)

PAD  THAI   ( Nouilles frites style Thai )

INGREDIENTS:                                                                                                      SAUCE:

 

                              2 cuil soupe d’huile                                                          1/2 tasse d’eau  ou bouillon

                              2 gousses d’ail écrasées                                                    1 cuil soupe sucre brun

                              4 crevettes décortiquées                                                   1 cuil soupe sauce poisson

                              2 cuil à soupe de tofu coupé en petits dés                        1,5 cuil soupe pâte tamarin

                              1 a 2 cuil à soupe de cacahuètes grillées                                         (ou sauce tomate)

                              100 gr de nouilles au riz

                              1 cuil soupe carottes râpées

                              1 cuil à soupe crevettes séchées

                              1/2 jus de citron vert

                              30 gr de germes de soja

                              1/2 oignon en lamelles

                              1 oeuf

                              2 cébettes

                              1/2 citron vert coupé en quartiers

 

PREPARATION:

Sauce:     Dans un bol mettre la sauce poisson, le tamarin, l’eau (ou bouillon) et le sucre. Agiter jusqu’à ce que le sucre soit fondu.

Mettre l’huile dans le wok, ajouter le tofu et le faire frire 20 secondes puis ajouter l’ail, les crevettes  (ou le poulet), les carottes râpées, les crevettes séchées et remuer jusqu’à demi cuisson.

Placer le tout sur un coté du wok et casser l’œuf de l’autre coté. Cuire l’œuf jusqu’à ce qu’il soit sec. Mixer l’omelette avec le tout et remuer pour finir la cuisson.

Placer le tout sur un coté du wok. Ajouter la sauce de l’autre coté et y jeter les nouilles. Remuer sans cesse jusqu’à ce que les nouilles absorbent la sauce.

Baisser le feu, ajouter les cacahuètes grillées, les germes de soja, l’oignon et mélanger le tout.

Servir avec 2 cébettes, 1/4 de citron vert (ou des fleurs de bananier) et un peu de gingembre râpé.

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 PANANG CURRY KAÏ         “Poulet au curry vert”     GREEN CURRY CHICKEN

 

INGREDIENTS:

                              2 cuil soupe d’huile

                              1 cuil soupe de curry vert

                              200 gr de poulet émincé

                              1 tasse de crème de coco

                              1 cuil soupe de sauce poisson

                              1 cuil café de sucre brun

                              2 feuilles de kafir ciselées

 

PREPARATION:

 Dans le wok, Faire chauffer à feux moyen l’huile avec le curry vert  et remuer sans arrêt.

Dès que ça mijote jeter le poulet et le cuire jusqu’à changement de couleur.

Ajouter la crème de coco et remuer constamment jusqu’à ébullition.

Ajouter la sauce de poisson, le sucre et continuer à remuer jusqu’à épaississement.

Ajouter les feuilles de kafir et remuer.

Eteindre le feu et servir  avec du riz blanc.

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 PAD KAI MED MA MUANG:     (Poulet frit aux noix de cajou)    FRIED CHICKEN WITH CASHEW NUTS

 

 INGREDIENTS:

                              2 cuil soupe huile

                              2 gousses d’ail écrasées

                              200 gr de poulet finement coupé

                              1 tasse d’oignon émincé

                              2 chilis rouges coupés en 3 cm

                              1 cuil café de sauce d’huître

                              1 cuil café de sauce soja

                              1 cuil café de sucre blanc

                              2 cuil à soupe d’eau

                              1 petit oignon coupé  (4 cm )

                              15 noix de cajou rôties à l’huile

 

 PREPARATION:

 

Mettre l’huile dans le wok et la chauffer à feu moyen pendant 20 secondes

Ajouter l’ail, remuer jusqu’à ce qu’il dore

Ajouter le poulet, l’oignon et remuer 20 secondes

Ajouter la sauce d’huitre, la sauce soja, le sucre

Remuer et ajouter l’eau

Cuire 1 minute

 

FINALEMENT: ajouter les lamelles d’oignon, les noix de cajou et les chilis

Remuer quelques secondes  et éteindre le feu.

 

Servir avec du riz au jasmin

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THOM  YAM KUNG   (Soupe crevettes au lait de coco)   PRAWN IN COCONUT MILK SOUP

(Pour 1 personne)

INGREDIENTS:

 

                              2 tasses de lait de coco

                              1 à 2 gousses de citronnelle

                              4 rondelles de galanga

                              4 crevettes décortiquées  (ou 150 grs de poulet)

                              4 champignons de souche coupés en deux

                              2 chilis rouges

                              4 feuilles de kafir

                              1 cuil café jus de citron

                              1 cuil café sauce poisson

                              3 feuilles coriandre

                              1 petite tomate coupée en 4

 

PREPARATION:

Dans le wok mettre à bouillir à feu moyen le lait de coco

Ajouter citronnelle, galanga,  et remuer constamment

Ajouter les crevettes et cuire jusqu’à changement de couleur

Ajouter la tomate, champignons, kafir et chili ( éventuellement ajouter de la pâte à curry rouge et de la crème coco)

Cuire 3 minutes

Arrêter la cuisson et ajouter le jus de citron et remuer

Verser la soupe dans un bol et décorer avec la coriandre fraîche

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PO PIAH TOD    ( Rouleaux de Printemps )   FRIED SPRING ROLLS

 

INGREDIENTS:

 

               2 cuil soupe d’huile

               4 à 6 gousses d’ail écrasées

               20 gr de carottes hachées moyen

               30 gr de chou blanc haché moyen

               2 cuil à soupe de champignons de souche hachés

               20 gr de tofu haché

               1/2 tasse de nouilles au riz (trempées  dans de l’eau froide puis essorées et coupées en 5 cm)

               1 tasse de chou de Bruxelles

               2 cuil soupe de coriandre hachée

               1 cuil soupe de sauce de soja

               1 cuil café de sucre blanc

               sel/ poivre

               6 feuilles de sping rolls à rouler

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SAUCE AUX CACAHUETES:                                                  Préparation:

 

               1 tasse d’eau                                                                    ( Mettre l’eau à feu moyen, y jeter:

               4 cuil soupe de sucre blanc                                  le sucre, le sel. Ajouter le tamarin

               1/2 cuil café de sel (maximum)                                           le chili.  Apres 5 minutes de cuisson

               3 cuil soupe de pâte de tamarin                                           laisser refroidir et ajouter les

               1/4 cuil café de chili en poudre                                           cacahuètes )

               2 à 3 cuil soupe de cacahuètes grillées et écrasées

 PREPARATION:  Pour faire la farce:faire frire l’ail dans le wok ajouter les ingrédients dans l’ordre

                                  suivant:  carottes, chou blanc, champignons, tofu, coriandre, sauce soja, sucre,

                                  poivre, sel.

                                  Faire mijoter une minute et ajouter le chou de Bruxelles et les nouilles.

                                  Faire mijoter 20 secondes.

 Prendre une feuille de sring roll, poser une grosse cuil à soupe de farce dans le tiers inférieur de la feuille. Rouler la farce jusqu’au milieu, rabattre les bords rouler jusqu’à la fin et coller pour fermer avec du jaune d’œuf battu.

Mettre l’huile dans le wok à feu moyen, déposer un à un les rouleaux dans l’huile, les retourner jusqu’à ce qu’ils deviennent bruns.

Servir avec la sauce aux cacahuètes.

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LES HUIT DIVINITES: (Les ingrédients par ordre d’utilisation)

 

INGREDIENTS: 4 cuil à soupe d’huile végétale, 2 cuil à soupe de farine de maïs, une demi tasse de bouillon de poulet

Viandes:  2 calamars coupés en tranches,  8 crevettes décortiquées,  100 gr de porc émincé,  100 gr de foie de porc en fines tranches,  100 gr de blanc de poulet en tranches.

Assaisonnement:   5 cuil à soupe de sauce d’huître,  une demie cuil à café de poivre moulu,  une demi cuil          à café de sauce Maggi,  une demi cuil à café de sauce soja,  une demi cuil à café de sucre en poudre.

Légumes:   2 cuil à soupe de poireaux coupés en petits morceaux,  3 cuil à soupe d’oignon coupé en petits morceaux,  une demi tasse de chou blanc émincé.

 

PREPARATION:

 

Dans le wok faire chauffer l’huile et faire dorer les viandes et fruits de mer pendant 5 minutes. Diluer la farine de maïs dans un peu d’eau, verser sur les viandes et mélanger. Ajouter les assaisonnements et remuer 3 minutes. Dans un autre wok jeter les légumes et le bouillon de poulet et porter à ébullition.

 

Mélanger le tout, et servir très chaud.

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BON appétit  !

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Mes derniers jours en Thaïlande.

25 mai: Pour occuper ma dernière journée à Chiang Maï je loue un vélo pour aller à Bosang, visiter les diverses fabriques d’objets artisanaux. Bosang se situe à six kilomètres à l’est de Chiang Maï, c’est là que se trouvent tout ce qui est vendu aux touristes sur le sol Thaï: laques, ombrelles, argenterie, tissus, osiers, éventails, bois sculpté....... Je déjeune sur le marché de San Kamphaet puis retourne à Chiang Maï pour faire la tournée des principaux temples de la ville. Je passerai la soirée à “Food Street” près du marché de nuit et regagnerai “Midtown” car demain la route sera rude et longue jusqu’à Maé Hong Son.

26 au 28 mai 2006, (Maé Hong Son):Le bus journalier pour Maé Hong Son part à 7 heures pour 127 bahts. C’est un bus local qui emprunte l’infernale route aux 1600 virages sur 250 kilomètres. (voir 2002, page21). Comme en 2002, arrivé à Maé Hong Son, je m’installe à “Friend guesthouse” tout près du petit lac dans lequel se mire le temple Wat Chong Khlang, d’inspiration birmane. (voir 2002, page 22).

27 mai: Je m’en vais louer une moto en face “Friend guesthouse” car je tiens à retourner à Ban Soï Noï, ce petit village Karen qui m’a beaucoup marqué en 2002 lors de ma première incursion chez les femmes girafes “long neck”. Situé à 30 kilomètres de Maé Hong Son, le village de Ban Noï Soï est un camp de réfugiés tout à fait autonome sur le plan économique. Deux cents mètres avant de pénétrer dans le village un responsable du Karéni culture département me donne un reçu et inscrit sur un registre, mon nom, mon numéro de passeport et mon pays de résidence. Je m’acquitte de 200 bahts (4 euros), cet argent est redistribué indirectement à la tribu, il sert à l’approvisionnement en nourriture et à assurer les soins médicaux. Les quelques premiers mètres que je parcours sont désertés, mais dès qu’apparait la première habitation j’aperçois un groupe de femmes girafes en train de puiser de l’eau à l’aide d’une pompe actionnée manuellement. Sur le pas de leur porte des fillettes long neck apprennent à tisser et de jeunes enfants jouent dans la boue et la poussière. Je m’enfonce dans le village et m’arrête devant le logement de la doyenne, une dame âgée au très long cou qui parle bien l’anglais et semble gérer la vie sociale et communautaire du village. Elle accepte de m’accueillir pour me fournir des informations sur les coutumes et les mœurs de sa tribu. Elle ne voit pas d’inconvénient à ce que je l’interroge et que je la filme. Les anneaux que les femmes portent autour du cou ne sont pas des anneaux mis un à un et les uns contre les autres autre, il s'agit d’un ressort à grosses spirales en bronze massif qui pèse de cinq à sept kilos. Il est composé de trois parties, une conique qui repose sur les clavicules, une centrale cylindrique et une partie haute sur laquelle repose le menton et le bas de la nuque. D’après les femmes girafes le port de ces parures n’a aucune conséquence pour leur état de santé. Contrairement à ce que l’on croit, les anneaux ne sont pas portés toute la vie, les femmes girafes peuvent les retirer et les remettre à leur guise. Personne ne sait réellement pourquoi ces femmes portent de telles parures. En voici quelques versions: ils sont mis pour repousser les hommes des autres tribus ou portés pour ne pas que les tigres les trainent par le cou comme ils le font de leurs proies, où bien ils sont portés en hommage au dragon femelle, symbole de toute beauté C’est ce que l’on dit ? Sur 7000 femmes girafes recensées au Myanmar, 3000 ont trouvé refuge en Thaïlande. Aujourd’hui, leur gagne pain est de se faire photographier devant leurs métiers à tisser.  Au bout du village un nouveau bâtiment est en cours de construction. De nombreux enfants participent à la construction de leur nouvelle école. Ces travaux sont dirigés par un thaïlandais et un français qui n’est autre que le médecin du village. Celui-ci va de village en village pour soigner ces peuplades qui sont loin de tout. Il passe tous les quinze jours dans chacun des villages et se déplace en urgence lorsqu’il est appelé pour quelque chose de grave. Si non, il a formé une dame du village qui joue le rôle d’infirmière capable d’assurer les premiers soins. Ce docteur appartient à l’AIME ( Agence d’Information et de Médiation pour l’Enfance). Son siège est: 44 av de la république - 94120 - Fontenay-sous-bois.

Qu’un enfant soit abandonné dans sa douleur ou enfermé dans sa souffrance n’est pas humainement acceptable. L’équipe de AIME, met en œuvre dans ce village des actions pour soulager les souffrances physiques et morales des enfants en situation de détresse. L’association entreprend des actions pour que l’enfant devienne autonome. AIME agît dans les domaines: de l’alimentation et malnutrition, de l’hébergement, de la santé, de l’hygiène, de la scolarisation, de l’éducation et de la formation. Aucune infrastructure ne me permet de manger ou dormir dans ce village. Le docteur m’emmène chez la doyenne qui accepte de me nourrir avec une boîte de sardines à la tomate qu’elle plonge dans de l’eau bouillie accompagnée de piments. A l’issue de ce modeste repas je m’en vais au sommet de la petite colline où se trouve la minuscule chapelle chrétienne de “Saint Joseph” toute en bambou et en planches. Alors que je redescends, je croise un vieillard en train de confectionner des instruments de musique à l’aide de bambous de tous les diamètres. En contrebas une fille d’une vingtaine d’années est plongée dans un dictionnaire Thaï-Anglais. Elle apprend l’anglais et le parle très bien. Cette fille est très intelligente, c’est certainement la seule du village qui est consciente de son sort. Elle a très bien réalisé qu’elle sera vouée à rester toute sa vie ici et n’en sortir que pour se rendre dans la province de Maé Hong Son. Impossible d’aller ailleurs en Thaïlande. Ces tribus sont acceptées par le gouvernement Thaïlandais mais elles sont très surveillées. Elles resteront là tant que les autorités les accepteront, sinon, elles seront obligées de retourner dans le pays qu’elles ont fui au risque de graves représailles. Cette gamine me demande de lui offrir un lecteur de CD audio, je n’ai pas emporté de lecteurs avec moi mais je lui promets que je lui en enverrai deux dès que je rentrerai en France. Elle m’inscrit son adresse sur une feuille volante: Sarach  19/25 Naï Soï - Long neck - Kayan village - Maé Hong Son - Thaïland - 58000. De toute façon je reviendrai à nouveau à Ban Noï Soï et ne l’oublierai pas.

28 mai: J’ai gardé la moto, car aujourd’hui j’ai beaucoup de déplacements à faire, monter au temple Wat Doï Mu, aller chercher des informations sur les moyens de transport pour me rendre à Chiang Raï en transitant par Thaton et pour aller passer la fin d’après-midi à Hoï San Thao, un autre village de réfugiés.

Rencontre de Peggy.

29 mai: Pour quitter Maé Hong Son je ne peux faire autrement que reprendre la route infernale et m’arrêter à Mae Ma Laï. Deux heures de route, et à Paï le bus tombe en panne. Pour continuer je dois attendre une bonne heure. Pendant ce temps je rencontre un européen, un grec nommé Andréas qui connaît parfaitement la région pour y être venu deux fois et qui veut aussi se rendre à Thaton. Un songthaew qui doit descendre à Chiang Maï apparaît pour nous transporter. Nous nous entassons à l’arrière et nous voilà parti. Il est quatre heures de l’après-midi lorsque nous arrivons à Mae Ma Laï où nous sommes obligés de faire deux kilomètres à pied pour aller à l’arrêt du bus qui se trouve sur la route principale qui relie Chiang Maï de la pointe nord de la Thaïlande. Sur notre chemin nous rencontrons une allemande de Berlin. Elle s’appelle Peggy, comme nous, elle cherche cet arrêt car elle veut aller à Chiang Raï par cet itinéraire. Nous voilà trois et voilà le bus qui est quasiment vide. Tant mieux ! Nous pouvons prendre nos aises et dormir une heure et demie. Andréas et Peggy ont choisi comme moi d’aller à Chiang Raï par voie fluviale pour profiter des magnifiques paysages que longe la rivière Kok. Pour cela nous devons passer une nuit à Thaton. Nous cherchons un logement près du quai d’embarquement des pirogues, ainsi demain nous n’aurons pas beaucoup à marcher. Nous trouvons le “Thaton garden river” sur la rive gauche de la rivière, un peu plus cher que les guesthouses, 350 bahts la nuit (7 euros). L’endroit est super-cool, un mini paradis au milieu de verdure et de fleurs. J’opte pour une hutte basse en pierre située au bord de la rivière. Chacun de nous trois s’installe et nous nous retrouverons à la réception pour faire le point. Avant d’aller dîner nous pensons qu’il est préférable d’aller de suite acheter le billet du bateau. Nous rejoignons l’embarcadère et là, je suis scotché par la beauté du paysage, je tire l’appareil photo de sa sacoche et plouf ! Il tombe dans la rivière Kok. Pas une seconde à perdre, je me jette à l’eau et réussi à le repêcher. Je fonce à “Garden River” pour demander un sèche-cheveux et tenter de le sauver. L’appareil s’allume mais je crains qu’il ait un grave problème optique. J’attendrais d’être à Chiang Raï pour le faire voir à un réparateur. Entre temps Andréas et Peggy m’ont acheté le billet. Nous sommes maintenant tranquilles. Nous avons un petit creux et dînons dans le restaurant de notre auberge. Nous ne ferons pas de vieux os car demain le bateau quittera Thaton à 7 heures.

30 mai: Sept heures du matin, le décor est magnifique, la pirogue nous attend, elle ne prend que cinq passagers, Peggy, Andréas, Bimbo et deux jeunes moines. La rivière Kok est très agréable surtout lorsque le temps est beau et que les compagnons de voyage sont très sympas. Les deux jeunes moines sont banquiers à Bangkok, ils ont choisi le monastère de Thaton pour accomplir leur retraite religieuse, (tous les “bons” thaïs doivent passer par là !). L’un d’eux portera la robe un an et l’autre seulement trois mois. Il n’y a pas beaucoup d’eau, ça fait deux heures que nous descendons quand tout à coup la pirogue touche le fond, nous sommes obligés de mettre les pieds à l’eau pour alléger l’embarcation. Cette pirogue est très effilée et nous sommes assis inconfortablement le dos scié par les bords tranchants. Le trajet dure trois heures, il ne nous en reste plus qu’une à supporter. Nous nous arrêtons sur les rives d’un éléphant riding camp, ici il y a de quoi manger et s’amuser avec les pachydermes. Les moines offrent des bananes aux éléphants, je m’éloigne vers deux grandes cages en fer avec des barreaux aussi gros que ceux d’une prison. Dans ces cages il y a deux monstres, deux boas aussi gros que mes cuisses et long de quatre à cinq mètres. Nous rembarquons pour arriver à Chiang Raï où un songthaew vient nous chercher pour nous transporter au centre ville. Andréas connaît une guesthouse, il nous y conduit mais pas de bol, il n’y a plus qu’une chambre de libre. Nous l’abandonnons et partons en quête d’un toit. Sans trop de mal nous trouvons la “Chat House”, adresse: 3/2  soï Sang Kaéo Trirat Road - tél: 711-481. Nous sommes dans un quartier populaire, la patronne de l’établissement qui nous reçoit est un “canon”. L’ambiance est sympathiquement bordélique mais les chambres sont calmes et propres. Nous nous installons et ce soir irons dîner au marché de nuit. Peggy est prête, il n’y a que dix à quinze minutes à faire à pied pour rejoindre le Night Bazar où l’ambiance est assurée. Le bazar de nuit s’étend sur cinq cents mètres, il est composé de deux gigantesques places entièrement couvertes de tables et de chaises, elles sont cernées par une succession de stands où l’on peut trouver tout se qui se mange en Thaïlande. C’est démentiel ! Il suffit de passer commande et d’apporter son assiette sur une des tables libres. Peggy passe par deux stands différents et revient puis c’est à mon tour d’aller au ravitaillement. J’ai tellement la fringale que je passe par cinq stands différents. Nous sommes installés au bord du podium où un guitariste anime une partie de la soirée et il cède ensuite sa place à un spectacle de danses. Toutes les danseuses sont des “Lady boys”, on s’y tromperait ! Sur l’autre place c’est plus romantique, ce sont des groupes de musiciens qui se produisent avec leurs instruments typiques de la région du nord. Ici on ne voit pas le temps passer, il y a aussi une multitude de “shops” tenues par les peuplades des minorités ethniques. Il est temps de rentrer car demain nous rentrerons au Myanmar.

 Incursion obligée au Myanmar.

29 mai: Mon visa expire dans deux jours, il me faut donc sortir de Thaïlande. Ici c’est facile car je ne suis qu’à une demi-heure de la frontière du Myanmar. Peggy est partante pour m’accompagner et mettre un moment ses pieds sur le sol birman. Maé Saï est la ville frontière côté thaï, pour nous y rendre nous prenons un bus local pour 30 bahts (0,40 euro), puis un songthaew pour 8 bahts. Au poste frontière du Myanmar nous devons payer 250 bahts (5 euros) et déposer notre passeport aux autorités. Le chef douanier accroche nos passeports à l’aide d’épingles à linge sur un fil tendu dans son bureau. Nous n’avons que dix heures pour passer la frontière rester un moment en Birmanie et revenir récupérer nos précieux papiers. Et il faut être à l’heure car le poste frontière ferme à 18 heures. Nous sommes en Birmanie, il pleut abondamment. Vite ! Nous fonçons au marché et achetons un parapluie. Quel contraste avec la Thaïlande, les hommes portent le longuy, les femmes et les enfants ont le visage couvert de tanaka. (Voir: Birmanie année 2005 page 4 à 24). Au marché birman on trouve toutes sortes de gadgets et de souvenirs: tentures brodées, marionnettes, bijoux, vêtements, lampions......et des contrefaçons: parfums, savonnettes au tamarin, Lacoste, préservatifs, Viagra...... Un œil sur la montre, il est temps de rentrer en Thaïlande pour récupérer nos papiers et aller faire tamponner notre passeport. Ca y est ! Le tour est joué, je peux à nouveau rester quinze jours de plus en Thaïlande.

30 mai:Il faut que j’aille en ville chez le photographe que m’a conseillé la patronne de la guesthouse. Ce n’est pas bien loin, juste à côté du marché de nuit. Et oui ! Tout le bloc optique de mon numérique est atteint et il me faudra attendre demain pour effectuer la réparation. Peggy passera la journée dans Chiang Raï et moi, je louerai un vélo pour aller à “Bouddha Image Cave” et au village de Tupa. C’est parti pour Douze kilomètres sous la chaleur pour trouver une grotte minable et sans intérêt. Je rentre donc retrouver Peggy avec qui nous partons dîner au bazar de nuit. Au nigth bazar, alors que nous léchons les étals des échoppes, nous tombons sur le grec Andréas. Il se joint à nous pour faire un véritable festin. Avant d’aller nous coucher nous entrons dans les coulisses du théâtre en plein air pour photographier les acteurs qui sont ravis de nous accueillir. Demain Andréas retournera à Chiang Maï et nous, nous irons à Sop Ruak, au carrefour des trois frontières.

31 mai: Au terminal des bus nous prenons le N° 4, celui qui part à 7 heures 30 de la plateforme 6. Après plus d’une heure de route pour 29 bahts (0,40 euro), nous nous arrêtons à Chiang Saeng pour prendre un songthaew pour Sop Ruak. Un colossal temple kitch en forme de paquebot domine le Mékong, sa proue s’avance dans les flots. Il est laid et surmonté d’un gros Bouddha doré. A quelques pas d’ici nous allons visiter le musée de l’opium et montons jusqu’à l’arche sur laquelle est écrit “Golden Triangle”. Nous sommes aux confins des trois frontières: Thaïlande-Birmanie-Laos, proche de la petite ville de Maé Saï, extrême ville du nord de la Thaïlande où en 2003 des attentats à la bombe ont fait quatre morts dans le vis-à-vis birman. Il est cependant possible de se rendre à Tachileik, à Kengtung ou à Mengla pour deux semaines moyennant le règlement d’un droit de séjour de dix dollars. Sur le chemin du retour nous nous arrêtons à Chiang Saeng pour manger un morceau et boire à volonté. Ce soir nous retournerons dîner au night market et demain nous descendrons sur Chiang Maï. Je quitterai Peggy qui restera ici une semaine quant à moi, je prendrai un train pour Sukhothaï.

De Chiang Maï à Sukhothaï

1 er juin:Journée à Chiang Maï pour donner de bons tuyaux et de bonnes adresses à Peggy. Je profite aussi de cette journée pour donner signe de vie à mes proches.

2 juin: Pour aller de Chiang Maï à Sukhothaï je suis obligé de prendre le bus. A l’origine je comptais mi rendre en train mais il n’y a plus de train pour au moins trois mois. Une terrible inondation a gravement touchée la région de Sukhothaï et emporté une bonne partie des voies ferrées. A quelques kilomètres de Sukhothaï je peux déjà remarquer l’ampleur des dégâts. Si-non, rien n’a changé dans la ville moderne et je retrouve facilement la “Banthaï guesthouse” au bord de la rivière Yom. Tél: 0 5561-0163 Mail: guesthouse_banthai@yahoo.com.

Du 3 au 7 juin, (Sukhothaï):

3 juin: Je m’associe à un groupe de routards qui ont loué des vélos pour une longue randonnée jusqu’au temple Wat Tawat et au village des potiers.

4 et 5 juin:Il faut bien deux jours pour parcourir le parc historique, (voir site archéologique de Sukhothaï, année 2002, page15). Le site compte 21 monuments historiques dont le Wat Mahathat, le plus grand de la ville, entouré de murailles de briques et agrémenté d’un admirable bassin aux lotus. Après avoir parcouru le domaine à pied et à vélo et visité douze merveilles, je fonce me reposer au parc de Suam Luang, un superbe espace de verdure relax et populaire. De retour à Sukhothaï je passe à Banthaï pour quelques minutes avant d’aller sur le marché très animé, truffé de cuisines de trottoirs. J’avale un cornet de cigales avant de rentrer dans le “Dream Café” pour y prendre un “Play Boy”, un cocktail vitaminé qui donne jeunesse et vitalité.

6 juin: La ville de Phitsamulok n’offre pas beaucoup d’intérêt, je préfère la tranquillité de la gentille bourgade de Kamphaeng Phet où la spécialité locale est le “kluay kaï”, (bananes petit doigt à l’œuf). Les remparts de la ville sont appelés “muraille de diamant”, ils entourent des temples monumentaux et des Bouddhas livrés aux intempéries toujours vénérés et drapés de toiles safran. Pour déjeuner je me contente de quelques “satay”, (brochettes de poulet couvertes de sauce aux cacahuètes).

7 juin: Journée de repos avant de me rapprocher de Bangkok.

8 juin: Aujourd’hui je fais le trajet de Sukhothaï à Ayutthaya qui ne se trouve qu’à une heure en train de Bangkok. Le bus part à 9 heures 45 pour arriver à 16 heures pour 255 bahts (5 euros).

 9 et 10 juin: Je consacre ma première journée à Ayutthaya à visiter l’ancienne capitale royale. Le 10 juin alors que je marche à pied non loin de la gare ferroviaire, un chien errant se jette sur ma jambe droite et me plante par deux fois ses crocs dans le mollet. Le sang coule abondamment et un commerçant me reçoit pour me désinfecter la plaie, il tente aussi de joindre le dispensaire du coin, lequel ne répond pas. Je me contente d’aller dans une proche pharmacie pour acheter des pansements et du désinfectant. J’attendrai demain mon retour sur Bangkok pour aller dans un hôpital et si la plaie ne sèche pas rapidement je me ferai vacciner.

Bangkok et la cérémonie royale.

Du 11 au 18 juin, (Bangkok):

Bangkok est en pleine effervescence, 90 % de la population porte le T-shirt jaune sur lequel est inscrit “Long Life the King”. Ce week-end à Bangkok est historique pour toute la Thaïlande. Demain ce sera l’anniversaire des 60 ans de règne du Roi. Pour fêter cet évènement toute la ville restera illuminée pendant un mois, toute la Thaïlande portera le T-shirt du matin au soir et pour longtemps (tout le monde à prévu le rechange), tous les carrefours seront décorés de gigantesques portiques surmontés de la photo du souverain. Bumibol Albdelayeb est le seul Roi au monde qui a eut le plus long règne, et ce n’est pas fini car malgré ses 79 ans il est toujours vaillant et dynamique. 90 % des thaïlandais vénèrent leur Roi comme ils vénèrent Bouddha.

12 juin: C’est le grand jour ! Aujourd’hui les barges royales remonteront la rivière Chao Phraya en embarquant avec elles les 25 grands souverains de notre planète, à savoir les princes et Rois du: Bahrain, Belgium, Bhutan, Great Britain, Bruna, Cambogia, Denmark, Japan, Jordan, Kuwwait, Lesotho, Liechtenstein, Luxemburg, Malaysia, Maroco, Monaco, Netherland, Norway, Oman, Qatar, Spain, Swaziland, Sweden, Tonga, Unit Arab Emirate. Le seul manquant à l’appel est le roi du Népal, (tant pis pour lui !). Depuis 60 ans de règne les barges royales ne sont sorties que douze fois de leurs hangars, elles ont été dépoussiérées et remises à neuf pour l’évènement. Dès l’aube le quart de la ville de Bangkok est déjà dans la rue et campe sur les berges de la Chao Phraya, les ombrelles et les parasols sont déployés, les glacières et les sacs à pique-nique jonchent les pelouses et les murets. A dix heures il est déjà impossible d’approcher des coins stratégiques et il faut encore attendre cinq heures car c’est à 15 heures que le coup d’envoi est prévu. Je me sors de la foule avec bien de difficultés pour aller dans les artères adjacentes, mais là aussi c’est bondé de curieux qui attendent la fin de la cérémonie pour voir passer les voitures officielles lorsqu’elles quitteront la tribune d’honneur pour se rendre au palais royal. La foule est en délire, je ne vois pas grand chose mais j’ai vite compris que les premières barges venaient de partir. Tout le monde agite son petit fanion jaune, la couleur de la royauté. J’appréhende tellement le moment où la cérémonie se terminera et que tout ce monde quittera les lieux au même moment que j’anticipe et m’éloigne à près de deux kilomètres vers mon quartier réputé calme. Oui mais, aujourd’hui tout le monde est dans la rue. Je ne me suis jamais trouvé dans un tel bain de foule, pourtant au mois d’avril lorsqu'il y avait la fête de l’eau c‘était aussi le délire.

13 juin: La fête n’est pas finie, aujourd’hui la délégation royale ira de réception en réception et finira par le grand banquet. Le peuple s’amusera au parc de Sanam Luang pour le grand concert et en soirée le cortège royal fera le tour de la ville. Tous les quartiers de Bangkok déclencheront les feux d’artifice à la même seconde. La ville s’est enflammée tout le monde songe à rentrer. Vivement demain pour le retour au calme !

14 juin: J’ai grand besoin de repos et m’en vais dans le parc de Lumpini à l’est de la ville. Dans les rues, dans le bus et le métro aérien tout le monde porte le T-shirt jaune, pour ne pas paraître ridicule j’en achète un avec l’inscription en thaïlandais “I Love the King”. Lorsque je le porterai en France je dirai qu’il y a écrit dessus “I Love Thaïland”.

15, 16 et 17 juin, (mes derniers jours à Bangkok):

Il ne me reste plus que trois jours à passer loin de le France. Le Vietnam et le triangle d’or sont déjà loin mais toutes les images et tous les décors sont bien présents en moi, tout ces gens que j’ai rencontré resteront gravés dans ma tête et dans mon cœur. J’ai encore quelques souvenirs à acheter à Kao San Road, quelques personnes à aller voir une dernière fois et demain le taxi viendra me chercher, il m’emmènera à l’aéroport Don Muang et je m’envolerai alors pour Rome et pour Nice côte d’azur. Une fois encore je n’ai pas apprécié les treize heures de vol qui séparent l’Asie de la France. C’est seulement lorsque j’arrive à Nice que je me rends compte que chez nous tout est compliqué. Chaque fois que je sors de cet aéroport j’ai envie d’y rentrer à nouveau, de monter aux “Départures” et reprendre un avion pour retourner là bas, d’où je viens.

Les copains sont présents, ils devront attendre car je suis tombé sur un douanier qui fait du zèle. Après la cohue et le vacarme de Bangkok de ces derniers jours, une fois arrivé à Grasse j’ai l’impression de me retrouver dans une tribu désertée. Il va bien me falloir un mois pour me remettre.

 A l’année  prochaine!

 Je suis retourné au Népal avec Sylvie. Ce pays m’avait tellement fasciné il y a deux ans. Sylvie a décidé de repartir avec moi, je la mets en garde sur les conditions de vie et de confort qui ne sont pas les même que celles qu’elle a vécu lorsqu’elle est venu en Thaïlande avec moi. Connaissant le Népal pour m’y être rendu en 2003, je l’informe en lui annonçant toutes les précautions à prendre dans ce pays et pour qu’elle sache que certaines scènes de la vie locale sont parfois choquantes et dures à supporter.

Je suis retourné avec elle sur tous les sites qui m’avaient particulièrement marqués et une fois encore j’ai été comblé par ce merveilleux pays. Je vous invite à vous reporter sur la partie de mon récit de voyages   (année  2004  ). Mais aussi d’aller surfer sur : http://www.bimboasie2.canalblog.com

 

Notre voyage s’est déroulé de la façon suivante :

En Thaïlande :  Le 10 avril : vol Nice Bangkok.  Du 11au 14 avril :  journées à Bangkok

Au Népal :  Le 15 avril : vol Bangkok-Katmandou.  Du 16 avril au 3 mai : Népal

En Thaïlande : Le 4 mai : Bangkok.   Les 5-6-7-8 mai : Chiang Maï.  Les 9-10-11-12 mai : Maé Hong Son.         

Les 13-14-15 mai : Bangkok.

Le 16 mai Sylvie rentre en France, quant à moi je poursuis une semaine seul dans l’extrême ouest de la Thaïlande à Kanchanaburi et à Sangkhanburi jusqu’au col des 3 pagodes à la frontière birmane.

Du 26 au 28 mai : Bangkok.  Du 29 au 31 mai : Hua Hin.  Du 1 au 3 juin : Bangkok. 

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RECITS DE MES VOYAGES EN ASIE DEPUIS 2002
  • Mes récits de voyages en Asie du Sud Est depuis 2001. Pays Visités: Thaïlande chaque année, Laos 3 fois, Cambodge 3 fois, Inde 2 fois, Népal 3 fois, Birmanie 2 fois, Malaisie 3 fois, Vietnam 2 fois.
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